La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

.. 690 LA RE VUE SOCIALISTE «X ... futèlu conseille1· mm1icipal sut· la désignation des comités. Il est métallurgiste tounieur en fer. « Son pateon fut mis en clemem·e par les suc1·i01•spour lesquels il teayaillaü de le renrn,rer.A Denain ou dans les enYirons,il lui fut impossible de trotn-er du tl'aYail, et bientôt il était forcè de quitte1· le pays. Il alla dans le Pas-de-Calais, à Corbi11e, t, ne pom ant assistee aux séances du conseil, il enYo)·asa démission au ma1Pe. « Bientôt après, son patron lui. ecriYit de reYenir prendre sa place Il ne se plaint pas de son patron « qui aYait èlé contraint d'agir comme il l'aYait fait. » << c·est un frèl'e pour moi lJ, <lit-il. Son pafron lui nomma les industriels qui aYaient exigé son renYoi. X... était trésorier de diYe1·ses sociétés et notamment rlu Syndicat <les métallurgistes» (1). On pense bien riue dans <le tels milieux, les lois ne pèsent pas lourd quand elles ne sont pas d'accord avec l'intérèt capitaliste (2). On n'a pas oublié qu'au lendemain du Yotede la loi garantissant aux otnTie1·s la libeeté de crée1· des syndicats professionnels et édictant des pénalités contre ceux qui enfrayeraient l'exercice du droit à se synclique1·, un industi·iel chassa ses ouv1·iers parce qu'ils aYaient Lonné une chambre syndicale. Un député, Tony RéYillon, interpella. Le ministee se déclara impuissant à faire obsener la loi. Le fait est (l 'hier. En Yoici un plus récent encore et qui possède toutes les qualités 1·equises pour tomber sous l'application de la loi qui réprime les atteintes a la liberté du commerce et de l'industrie. (< Le samedi 6 octobre, <lisent les journaux de 1889, le conseil des ministres s'est occupès de la situation créée à Decazeville pat' l'attitude ,lu candidat réactionnaire, qui a été battu au premiel' tour de scnüiu dans la deuxième circonsc1·jption de Villefranche. On sait (L) Ibid. - Le nom de cet ouv1·iern'est pas donné dans le document officiel. C'est sui· sa pt·ière qu'il n'a pas été nommé. La délégation parlementaire dans le Nord s'est souvent heurtée à des refus de déposer de la parL des ouvriers qui craignaient que la publicité donnée à leur nom ne les fît renvoyer par la compagnie. Même les délégués fureot invités par le.Syndicat des mineurs à cesser leUl'svisites dans les corons (maisons ouvrièt'esi pour ne pas attirer sur ceux qui les habitaient les colères de la Compagnie. (2) « Dans une assemblée µrivée (des prudhommes patrons), il fut décidé de faire renvoyer des ateliers tous les prudhommes ouvriers et d'insister auprès de11 chefs d'établissement de la ville de Lille et des envi1·onspour <1uïls fussent mis à l'index et ne trournssent plus de travail. Tous les membres présents pl'irent cet engagement, et seul je protestai en quittant la salle plutôt que de m'associer à un parti indigne et inhumain; j'ajouterai que des paroles de la plus grande violence fu1·entproférées. « On ne parlait rien moins que de fa.ire crever de faim ces tas de canailles, (textuel) » (Lettre de M. Oeffontaine, prudhomme patron, au Pf'Ogrès du Nord,, janvier, 18d6.)

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