La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

L~ DR◊lT ÉCONOMtQùÈ 689 « Bientôt acculé a la faillite, Leprêtre dut quitter le pays complètement ruiné. » Le rapporteur cite ensuite un article de M. Tolain, sénateur, publié clans la République française du 6 mars 1886, où se trouYe constatée et flétrie la senitude politique et réconomique des populations houillères du Nord (1). M. le duc d'Audiffret-Pasquier, président du conseil d'administration de la Compagnie d'Anzin, a d'ailleurs aYoué cette action politique a un reporter du Matin (2). Le rapport cite de nombreux. faits d'oppression politique de la part de la Compagnie d'Anzin. En Yoici deux. qui sont des plus caractéristiques : ,c M. Dhénault. Depuis vingt-deux ans a la Compagnie cl'Anzin. Il fut élu conseiller municipal de Denain. Quelques jours après l'élection, sous un prétexte tiré de son traYail, il est congédié par la Compagnie. (3) » (1) Voici les principaux passages de cet article: « La loi de 1810 a livré toutes les richesses hoùillères de la France (propriétés nationales) à des collectivités. de capitalistes qui les ont exploitées à leur profit exclusif sans le moindre souci de l'intérêt général .. , « ... Nous sommes livrés pieds et poings liés à la merci d'une oligarchie financière et royaliste. Les événements d"Anzin ne sont qu'un des incidents de la campagne orléaniste poursuivie contre la République. Non seulement la compagnie veut conserver la dictature dont elle est en possession depuis 1810, mais encol'e elle tient à prnuver à tous les mineurs du Nord que la République est impuissante à les protéger. En ce moment la Compagnie ne lutte plus pour quelques misérabies écus, elle lutte pour maintenir sa tutelle économique et politique snr toute la région houillère et industrielle du Nord. » (2) « La rairnn du renvoi de 140 ouvriers est des plus sérieuses, dit-il au journaliste. En moins d'un an, nos ouvriers ont été convoqués à dix-neuf meetings ... « Nous ne pouvons plus longtemps tolérer ces meetings, réunions exclusivement politiques, où, sous le prétexte que la Compagnie est administrée par des hommes qui ne cachent pas leurs opinions moParchiques,on encourageait à tout instant les ouvriers à la révolte. " Vous pouvez le dire : Nous ne céderons pas, nous sommes de vieux chevaux de bataille, et nous en avons vu beaucoup d'autres. -. «... Nous repoussons l'intervention du gouvernement dans la question du patronat et de l'ouvrier. > Il est bon de noter que les cent-quarante ouvriers chassés étaient tous secrétaires, trésoriers et membres du conseil des trente-deux sections du Syudicat des mineurs du Nord. A la suite de cette hécatombe, vingt-trois sections avaient cessé de fonctionner, et dans neuf autres, auxquelles les ouvriers apportaient leurs cotisations en cachette, les conseils d'administration n'existaient plus. A noter encore que le noble 4uc et ses associés ne repoussent pas l' « intervention du gouuernement » qu.and elle se traduit, eu temps de grève, par l'envoi de soldats chargés d'intimider, de terroriser l'ouvrier. 12) Annexe Il du Rapport de la délégation parlementaire.

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