LE DROIT ÉCONOMIQUE 675 d'enfants, se présente maintenant sous la forme d'un besoin qualïficatif et quantitatif <l'expansion qui défie toute compression. La compression, ici, c'est la consommation, le débouché, le ma1·ché des produits de la grande industrie. Mais la capacité d'expansion du ma1·chè, extensive et intensiYe, est. contrôlée par clcs lois dilféeentes et d'un effet bien moins énergique. L'extension du mai·ché ne peut aller de pair nvèc l'extension de la production. La collision est inévitable et comme elle ne peut amener de solution à moins de briser la forme capitaliste de la production, cette collision devient périodique. C'est là un nouveau cercle Yicieux dans lequel se meut la production capitali te. Dès 1825, où éclata la première crise génè1·ale, le monde industriel et commercial, la production et l'échange des peuf)les ciYilisés et de leurs annexes pin ou moins ba1·bares, se détraquent à peu près tous les Ji:t ans. Le commeece s'arrête, les marches s'encombrent, les pro<luits sont la, aussi abondants qu'invenclables; la monnaie se cache, \e crédit s'érnnouit, les banques se fermerrt, les masses ouYrièrès manquent <lemoyens d'existence, la banqueroute snit la banqueroute et la vente forcée la Yente forcée. Pendant des années l'encombrement dm·e, les forces pro<luctiycs et les produits se gaspillent par grandes :nasses jusqu'à ce que les amas de marchandises s'écoulent peu ù peu; grèlce à une dépréciation plu ou moins considérable, jusqu'à ce que la p1·oduction et l'échange reprennent graduellement leur marche. Peu à peu, l'alluré s'accélère, se met au trot, le trot industriel passe au galop. jusqu'au yentl'e-à.-tel're d'un steeple-chase général de l'industrie, du commerce, du crédit et <10 la spéculation, qui, après les sauts les plus périlleux, vient Îlnir dans le fossé de la crise. Et c'est toujours à recommencer. Nous en avons traYersé six depuis 1825, et, en ce. moment ( 1880) nous traversons la septième. Et le caractère de ces crises est si clairement marqué que Fourier les a toutes décrites en appelant la première: crise pléthorique. Dans la crise, l'antagonisme entre appropriation sociale et appropriation capitaliste éclate violemment. La circulation est arrêtée; le moyen de circulation; la monnaie, deYient une entrave à la circulation. 'foutes les lois de la production sont bouleversées. La collision économique est parvenue a son apogée. Le mode de production se rebelle contrft le mode d'échange. ,. Cette constatation a été également faite par M. Juglar (1), dont mon collaborateur et ami nust.arn Rouanet a 1·ésumé dans cette ren1e mème (n° 1, janvier 1885) la théorie des crises. (< M. Juglar, dit Rouanet, établit que « les crises paraissent chez c, les peuplesclont le commerce »,-c'est-a-dire la production-<( est (t) Les Cri.~cs co~nmerciales, Guillaumin, 18G2. \
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