La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

640 LA REVUE SOClALISTE air pour réveiller l'irritation des masses. Depuis quelque temps, il s'est constitué à Cômeune ligue de résistance qui comprend plusieurs sections d'at•ts et métiers fédérées à reflet de s'imposer aux patl'ons moyennant des grè:ves. UNE MANIFESTATION RÉPUBLICAINE. -Les ouvriers qui ont visité !'Exposition du Centenaire se sont réunis dans un banquet hors de la Porta Pia, à Rome. Pendant le repas, la musique qui donne concert public en cet endroit a entonné la Marche royale. Une bordée de sifflets et de cris : « La Marseillaise! La Marseillaise! » a interrompu le morceau. La musique a âlors fait droit à la réclamation des ouvriers. A la !ln du banquet, un télégramme de sympathie a été envoyé à des sociétés ouvrières de Paris. M. Crispi n'en persistera pas moins à nier les sympathies francophiles du peuple italien et la possibilité d'une alliance de races latines. Cette idée de l'union des peuples latins triomphera cependant. Il finira par se l'éaliser ce rêve d'un article italien dont le tableau figurait en bonne place au Champ de Mars à la section italienne du Pavillon dos Beaux Arts: « Alliance latine•· A. VETIER. REVUE DES LIVRES Histoire du socialisme et du communisme, par J. BoucToT. 1 vol. in-18, Paris. Ghio. Encore un~ réfutation des doctrines socialistes. Celle-ci a une qualité, au moins : l'auteur s'est donné la peine d'étudiei· les choses sur lesquelles il disserte. Ainsi, il est à peu près certain que M. Bouctot a lu Platon, Thomas Morus, Campanella, Harrington, Morelly, Mably, Restif de la Bretonne, Saint-Simon, Auguste Comte, Cabet, Louis Blanc, Pierre Leroux, etc. Incontestablement, c'est un avantage qu'il a sur une foule de pourfendeurs du socialisme, ne connaissant pas un traître mot des doctrines qu'ils combattent. Malheureusement, les lectures de M. Bouctot sont trop abondantes, et ce trop-plein de documents et de citations lui a joué un mauvais tour. Après avoir exposé, non sans inexactitudes quelquefois, le système des écrivains utopistes antérieurs à la Révolution française, le développement des systèmes communistes <leBabœuf à Pierre Leroux en passant par Cabet et Louis Blanc, il remonte à Saint-Simon et Auguste Comte, auxquels il s'arréte pour procéder à une réfutation en règle de leur doctrine philosophique et sociale. Mais on chercherait vainement la réfutation annoncée, dans la disgression à perte de vue de ses cinq derniers chapitres. Programmes scolaires, lycées de jeunes filles, crédit agricole, fédéralisme, autonomie communale, on y trouve de t0ut, excepi6 la réfutation des théories saint-simoniennes et positivistes. L'auteur nous prévient que ce premier volume n'est qu'une sorte d'introduction à un examen aomplet des doctrines de Proudhon, Lassalle et Karl Marx. Nous espérons qu'il sera plus heureux, dans ses essais de discussion critique avec Proudhon, Lassalle et Marx,qu'il ne l'a été avec Auguste Comte et SaintSirnon. GUSTAVE RoUANET. Le JJireoteur-G-érantB: enoît MALON. Paris. - Typ. A. DAVY, 52, ruo Madilmo.

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