638 LA REVUE SOCIALISTE tiques. Les cahiers pa1'ais-,ent 'pé1·iodiquement et sont répandus à profusion dans les centres populeux. Cette façon de propagande qui rappelle l'organisation de la propagande réYolutionnaire de 1789, paraît obtenir un grand succès. A coup sûr elle ne fayorisera pas la politique coercitive de M. de Bismark. On ne peut ùonc que rendre hommage à la ténacité et au courage persévérant de cette brillante phalange d'hommes dévoués qui mènent le mouvement socialiste allemand. AUTRICHE-HONGRIE LES TRIBUNAUXD'EXCEPTIONABOLIS.- En présence de délits politiques que la magistrature autrichienne assimile à des crimes, les tribunaux fonctionnaient jusqu'à présent sans le concours du jury. Cette révoltante illégalité vient de disparaître. Depuis le 1 e, août ces tribunaux exceptionnels ont été dissous. Les journaux entament une campagne pour la suppression de toutes les autres mesures d'exception prises, spécialement à Vienne, contre les ouvriers socialistes. LA SITUATIONÉC,)NOMIQUDEE LAHONGRIE. - Quoique anticatholique et pas du tout anti-sémite, nous faisons encore un emprunt à l' Associatîon catltolique, la traduction d'un article du Messager de la Hongrie occidentale : « La chaleur b1·ûlante du soleil lie cet été a, dans la plupart de nos régions, anéanti nos récoltes. Pendant tout le cours de l'an:iée, le cultivateur a été inquiet. Le printemps lui laissait encore espérer qu'il n'avait pas inutilement prodigué ses sueurs, que la terre le rémunérerait <leson rude labeur. Cette illusion s'est évanouie. Rare et mesquin est le rendement qu'il a tiré de son champ, et c'est avec angoisse qu'il envisage l'avenir. « La Hongrie est un des plus riches greniers de grains de l'Europe. Méme dans les plus mauvaises années le sol hongrois produit assez pour que, dans des conditions normales, la famine ne soit pas à redouter. « La famine n'est méme pas aujourd'hui le principal objet des craintes du cultivateur ptlr suite de la mauvaise l'écolte de l'année; ce qu'il craint plus que la famine, c'est la ruine. « Oui, la ruine. La disette d'une année est chose passagère; la ruine est plus terrible, parce qu'elle dure. « Le produit que le cultivateur prend à la terre ne lui appartient pas. Il a emprunté de l'argent pou1·payer nos frais de culture et pour acquitter l'énorme intérêt usuraire aux caisses d'épargne et aux autres donneurs à crédit, il doit abandonner sur pied une partie de sa récolte au Juif. Ce qui échappe au Juif, le fisc le guette. Car la terre est la bête <le somme sui· le dos patient de laquelle l'Etat moderne fait peser ses impôts exorbitants. « Si l'année est b::mne, le paysan arrache encore aux serres du Juif et du fisc un petit reliquat ponr lui, destiné à l'année suivante. Si elle est mauvaise, comme aujourd'hui, il ne lui reste plus qu'à recourir encore unA fois au crédit et il ne l'obtient qu'eu s'enfonçant plus profondément encore dans l'esclavage
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