608 LA REVUE SOCIALISTE hameaux, et leur organisation ou érection en communes est absolument contraire au bon sens. Les frais généraux y sont énormes par rapport aux ressources, les lumières y sont aussi insuffisantes que les sentiments y sont étroits, et les habitants y sont presque toujours sous la dépendance d'un riche propriétaire. ÜlJ pourrait d'ailleurs considérer ces petites agglomérations comme les sections associées d'une même commune et laisser a chacune d'elles certaines facultés d'impositions spéciales pour des avantages qui lui seraient particuliers; cela faciliterait même le groupement des petites communes en communesmajeures. - Il conviendra, poue la bonne entente, de laisser les groupements se faire aussi librement que possible, sous les deux résenes suivantes: D'abord comme nous l'avons dit, que les agglomérations ou populations, qui voudeont se réunir en commune, devront être limitrophes et ne former qu'une seule masse territoriale; Ensuite qu'une petite agglomé1:ationne sera pas exposée à rester isolée et mineure par le refus des groupes voisins, et qu'elle dewa être acceptée par celui des groupes contigus auquel elle désire :s'unir. Mais tous les gouvernements locaux, depuis la commune jusqu'a la province, seeont-ils fondés d'un seul coup après le vote de la constitution? § G. - Établissement volontaire et graduel des gouvernements locaux. Pour que l'œuvre soit solide et durable, il faut qu'elle soit naturelle, qu'elle se fasse volontairement et graduellement, à mesure que le besoin d'une organisation nouvelle basée sur la liberté se sera fait sentir. Ainsi, la constitution accordera aux g1·oupesle droit sur simple déclaration de se constituer, d'organiser leur gouvernement et de s'administrei- librement dans les limites qu'elle aura fixées, mais elle n'obliger.a pas les groupes à se constituer, à s'organiser en gouvernement ou à s'administrer autrement qu'en l'état présent, et ils pourront rester sous le régime actuel de la tutelle et de l'autorisation préalable tant qu'ils ne comprendront pas les avantages de la liberté et qu'ils ne gêneront pas l'essor général. D'après cela, suivant toutes les probabilités, le mouyement de libre organisation et de libre administration commencera par les grandes Yilles, s'étendra aux moyennes, puis à celles de trois mille habitants et enfin plus tai·d aux unions de petites communes dans \
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