La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

504 LA REVUE SOCIALISTE neur des Pays-Bas autrichiens pour avoir défendu avec la plus grande énergie les franchises communales. La statue du martyr de la liberté et du peuple est l' œuvrc du statuaire Thomas Pincope, qui a représenté le héros au moment où il lance à ses juges et a ses bourreaux sa fameuse apostrophe qui est à retenir : « Je meurs pour vous, mes chers compatriotes, je meurs pour avoir soutenu « vos droits et vos privilèges, jurés et renouvelés solennellement par tous nos "souverains. Je meurs pour avoir observé religieusement le serment que j'ai « prêté en acceptant les fonctions ponr lesquelles vous m'avez choisi. :o Les citoyens Anseele et Volders, qui prirent la parole à la suite cle M. Buls, bourgmestre de Bruxelles, furent chaleureusement applaudis. L'UNION SOCIALISTE. - Nous sommes heuretlX d'avoir à enregistrer le rapprochement qui vient de s'opérer en Belgique entre les deux fractions socialiste et révolutionnaires (parti ouvrier et parti républicain) qui avaient scissionné, il y a quatre ans, à la suite des soulèvem~nts du Borinage. Tandis que le parti ouvrier, sous la conduite de Volders, Bertrand, de Paepe,Verrycken, Anseele et Beverin de Gand, préconisait à ses adhérents l'organisation méthodique, préface indispensable d'une action révolutionnaire sérieuse, quelques impatients, sous la conduite du citoyen Defuisseaux, repoussant cette politique de sagesse et de prudence, se constituèrent a part, en parti républicain, distinct du parti ouvrier. Commeil arriYe presque toujours, en ces circonstances, la scission ne se fit pas sans amères récriminations. Des personnalités louches, telles que Pourhaix, aujourd'hui reconnu avoir été l'instrument direct du ministrn Bernaert, poussèrent le parti républicain aux mesures Yiolentes et aux polémiques insultantes contre les initiateurs du mouvement ouvrier. Mais après le récent procès de Liège, qui a dévoilé et mis complètement à nu les agissements du ministère clérical, les chefs du parti républicain comprirent leur devoir et en hommes de cœur qu'ils sont, ils le remplirent loyalement. Un rapprochement s'opéra et dimanche 29 septembre, à Mons, à Jemmapes, à Frameries, la réconciliation générale a été célébrée dans une grande démonstration à laquelle assistaient plus de dix mille socialistes ou républicains accourus de tous les points de la Belgique. Cette réconciliation ne peut manquer de donner au parti républicain-socialiste belge une impulsion nouvelle, et nous la saluons avec joie, comme le présage de victoires futures. A. VEBER.

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