La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LE MOUVEMENT FÉM[NIN 481 Certes il n'est pas, dans le plus prochain avenir, dans le présent même, de plus noble conquête à poursuivre que la réforme et l'anéantissement des iniquités qui pèsent. de toutes parts sur l'existence de la femme. Mais ce ne sont pas toujours ceux dont l'âme a été, quand il le fallait, le plus plein d'amour et de tendresse, qui arrangent avec tant d'apparat les nouyeaux systèmes d'émancipation. Servons, respectons, honorons la douce compagne de notre vie, mais ne mettons pas de galanterie, ni même de chevalerie, dans l'étude des graves problèmes de la vie sociale. Il faut préparer les mœurs futures et clans ce but préparer d'abord les esprits a la conception de l'œuue a fonder. Des révolutionnaires victorieux peuvent inscril'e le progrès dans la loi, mais tant que la majorité de la population n'est pas arrivé à l'unité de vues, les discordes ne tardent pas à éclater, dont les ambitieux et les hypocrites profitent pour se faufiler au pouvoir et remettre les choses en l'état qu·enes étaient avant. Avant de donner un caractère public a la femme, donnons-lui d'abord du pain. Un dernier mot: « La femme, a-ton dit, a bien le droit de monter a l"échafaud; elle peut bien aYoÎl',celui de monter a la tribune.» Soit. Mais, en attendant, et comme acheminement, que nos législateurs veuillent bien commencer·une série de lois qui empêchent l'homme d'ètre chez lui un petit préf~t de police. Adrien VEnER. 31

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