LE MOUVEMENTFÉMININ 47] ~'lOUVEMENT FÉMI1~1N (l) (Suite et fin). LE CONGl1ÈSDES OEUVRESET INS1'ITUTION6FÉMININES, dont l'initiative a été prise par Mmes Emilie cle Morsier et Isabelle Bogelot, s'est tenu sous la présidence cle M. F. Passy. Lé discom·s , d'omerture a été prononcé par M. Jules Simon, qui a déflni le but du Congl'ès et a temüné par nne apologie de la femme de France. Nous nous empressofü de publiee l'éloquent, substantiel et chaleureux rapport lu ensuite. par Mme de Mor::;ier, secrétaire général. Mesdames, Messieurs, Le Comité d'organisation de ce Congrès a, bien v9ulu io;:iister pour que je prenne la parole devant cette assemblée. Je n'ai pu m'y refuse1·, car un grand devoi1· s'impose à moi : celui d'exprimer 1 au nom des femmes étrangères réunies ici, la re.::onnaissallce profonde que nous épro11vons pour l'éclatant témoignage de sympathie que le gouverpement de la République, par l'intermédiaire de la Commission supé1·ieure des Congrès, donne a11jourd'hui à la cause féminine. Pardonnez-moi si, en m'acquittant de ma mission, j'oublie parfois ma patrie d'origine pou1· laisser parler mon cœur de Française. Un de vos poètes l'a dit : On est toujours, cr~is-moi, du pays que l'on aime! Et comment ne pas aimer cette 'France qui, au prix de ses luttes, de ses sacrifices, de son sang, a remporté des victoires morales et intellectuelles dont l'hu~anité tout entière bénéficie aujourd'hui. Mesdames, Messieurs, Le Congrès qui s'ouvre en ce moment est modeste en apparence. Nous n'avons pas eu la prétention d'égaler les magnifiques assises féminines dont l'Amérique et l'Angleterre nous ont donné lt spectacle. Et cependant, je n'Msite pas à le dire, ce qui se passe aujourd'hui ~ans cette mairie de la ville de Paris est un fait grand, réjo-uissant et dont les conséquences bienfaisantes se feront sentir aussi dans le monde entier. Je le sais, dans ce pays pas plus que dans les autres, !es hommes sérieux ne ~ongent à ·méconnaitre la valeur de la femme QU à refuser son concours lor~qu'il s'agit <je faire du bien, Qui oserait nier que, en del1tJl'Set à côté de la famille1 la femme n'ait sa place marquée att èhevet des malades, près du berceau de l'enfance abandonnée, de1-rière les grilles des prisons? Et Messieurs, si jamais des jout·s néfastes devl;l,ientencore luire sui· votre patrie, si l'ange de la désolation, en frôlant de son aile la terrn radieuse de France, projetait sur le monde une ombre immense, songerie11-vous à repousser (1) Voir le Mouvement sœial de la Reoue de i:.eptembre, dans lequel cet article a été publié par eneur.
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