La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LA DÉPOPULATION DE LA FRANCE 399 De toutes les taxes qui frappent les citoyens, il en est peu dont on puisse les dégreYer directement. A l'exception de l'impôt toncie1·, dont la quotité est insignifiante, des portes et fenêtres, <les prestations, je ne Yois pas comment le <légrèyement pourrait dérlommager le père de six enfants des frais énormes (le tonte nature que leur éducation lui coùte. Il faut clone aYoir recom·s a la prime directe, pour laquelle nous avons créé un budget de recettes avec la cohérédité de l'Etat indiquée plus haut. Cette prime, comment l'établirait-on et a quelles famille· sera,jt. elle allouée? Je crois qu'on denait l'allouer à partü· de cinq enfants. Quant a la quotité, je ne donne pas de chiffre. Je me contente de faire remarquer qu'elle doit être suffisamment éleYée pour encourager efficacement la fécondité et atténuer l'iniquité de répar • tition de charges sociales existantes aujourd'hui. Telles sont les mesures qui pourraient, croyons-nous, arrêter efficacement la décroissance de la natalité, décroissance dont. la progression comproment si grayement l'aYenir de la nationalité française. A côté de ces mesures principales et générales, il en est d'autres qui ont été recommandées, telles qu'une assistance plus sociale à la fille-mère, une modification aux droits et à l'état ciYil des enfants naturels, etc. Ces mesures :-ont im,pirées par un esprit généreux et nous y applaudissons de tout cœur. Mais elles n'ont qu'un intérêt t.rès secondaire dans la question de la population. La natalité naturelle n'est que de 8 0/0 par rapport au total des naissances. Encore 25 0/0 des enfants naturels sont légitimés par mariage. La protection de l'enfance naturelle dont. nous sommes partisans, mais pour d'autres motifs, ne saurait donc influer sur la masse de la population. D'autres ont proposé qu'ou facilitât la naturalisation des étrangers, afin de profiter de l'appoint des naissances étrangères, dont le taux est supérieur à celui des naissances françaises. Comme pour les enfants naturels, cette facilité (dont nous sommes également partisans, :a'ailleurs) ne modifierait pas beaucoup l'état de notre population, la natalité étrangère ne représentant 4.ue :3,3 p. 100 de la natalité totale. Le mal est trop profond; l'action sociale doit s·ex.ercer sur un phénomène d'une étendue trop considérable, pour pouvoir obtenir des résultats appréciables autrement que par des mesm·es énergiques, embrassant l'ensemble. de toute la population, française. C'est pourquoi nous ne voyons pas d'autre moyen de forcer la prévoyance conjugale que celui indiqué plus haut. Son adoption aurait une double consequence heureuse : d'une part, elle préserverait la uationali lé de l'ex.tinclion 4.ui la menace;

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