LE MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTnANGER 365 comme une lettre a la poste, et des deux côtés, ils ont entendu les mêmes invectives contre les personnalités qui veulent conduire a la baguette le prolétariat contemporain. A ce point de vue spécial il doit y avoir des torts réciproques que nous ne voulons pas app1·0fondir. II est très regrettable que le parti socialiste universel soit divisé en deux grands courants, et que la leçon de la chute de l'Internationale n'ait point profité à la nouvelle génération socialiste. On a voté l'établissement de bureaux de correspondance, mais a quoi bon si, au-dessus des questions de coterie, d'école, de secte ou de personnalités, l'on ne veut pas mettre l'intérêt du prolétariat universel, c'est-à-dire de l'humanité. • Ceci dit, nous ne pouvons qu'applaudir à ces paroles de Joffrin: « Notre pays est un des plus puissants agents du mouvement socialiste ... Si l'Internationale revit aujoul'd'hui, on le doit au sang fécond des martyrs de 1871... Elle est tombée le jour où est tombé le parti socialiste français. » Qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, Paris est le pays de la Révolution. Voilà ce qu'ont trop oublié les citoyens Guesde et Lafargue dans leurs violentes diatribes contre la France républicaine issue de la Révolution de 89 et 92. Personnellement nous ne • comprenons pas que l'on renie si eudement une Révolution qui n·a pas encore porté tous ses fruits, au lieu de tâcher d'en tirer tout le parti possible. Ce n'est pas ici le moment d'essayer de prouver que le socialisme n'est qu'une conséquence logique et forcée des principes de 89 et de 93. Mais révolutionnaire, et comme au temps de la Convention, patriote parce que révolutionnaire, nous ne comprenons pas davantage cette criante injustice de refuser a sa patrie un hommage légitime en se proclamant fier d'être citoyen du pays le plus libre du globe. - Ah l nous savons que la liberté bourgeoise n'est pas la liberté socialiste. Mais l'une sert de levier à l'autre. En tous cas, il est inqualifiable d'assimiler le régime français au régime prussien, de comparer Carnot et Bismark, de se montrer plus Allemand que les Allemands qui, par l'organe de Bebel, de Liebknecht, de Vollmar, ont plus d'une fois, même en plein Parlement, rendu hommage à la Révolution et à la France libre et républicaine. Aimer la France, c'est aimer l'Humanité.Et faire aimer la France c'est encore faire aimer la lumière, le progrès et la justice sociale. Aussi profitons-nous de cette occasion.pour féliciter le Conseil municipal de Paris du large éclectisme qui a présidé à toutes ses réceptions de délégations étrangères. Lui aussi,pendant cette inoubliable Ex.position du Centenaire, aura contribué à dissiper les ténèbres. Il aura fait de la bonne politique internationale.
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