La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

360 LA REVUE SOCIALISTE les vertus. D'unanimes applaudissements ont accueilli cette proposition. M. Fratti, un des soldats de Garibaldi a l'armée de Dijon, prend ensuite la parole et prononce dans sa langue maternelle, un brillant discours sur la fraternité des peuples. « Je bois,commence-t-il, à la sereine concorde entre nos deux nations, a la liberté, et a l'humanité, mais je bois aussi au ,vénérable président de cette réunion fraternelle, le modèle de la vertu civique et privé. » Dans son discours très éloquent, il souhaite l'union rles peuples, mais avant tout l'alliance entre la France et l'Italie. Il termine en portant la santé des représentants du peuple italien, au Conseil municipal de Paris et a son président. Amilcare Cipriani, a qui la parole est donnée ensuite, lève son verre en l'honneur de la grande Révolution française qui, dit-il, a pris ses racines en France et dont les rameaux puissants s'étendent sur le monde entier. Puis, parlant de nos relations avec l'Italie, il déclare que le seul ennemi que nous ayons au-dela des Alpes, c'est le gouvernement Italien, car il a intérêt a nous faire haïr par le peuple pour l'accomplissement de ses projets infàmes. Le peuple italien, lui, est prêt à tous les sacrifices pour rétablir l'harmonie entre les deux nations sœurs. A la presse française de faire son devoir I M. Daumas, conseiller municipal, remercie M. Fratti du toast qu'il a porté à la ville de Paris et a ses représentants. Le député italien Imbriani (1) a pris pour thème de son discours l'union des races latines. Cette thèse a ét.é pour lui l'occasion de prononcer un remarquable discours sur la politique européenne, sur les éléments et les conséquences de la triple alliance. Il a flétri énergiquement les gouvernements vassaux de l'Allemagne, établissant une distinction entre les peuples et leurs dirigeants. Notre ami Millerand qui, avec Anatole de la Forge, représentait à ce banquet la députation de la Seine, parle de la puissance de l'opinion publique, cette force populaire à laquelle tout finit par céder. Après uc discours internationaliste d'Andréa Costa, on a entendu un délégué espagnol, M. Sallas, et un Portugais, M. Lima, conseiller municipal de Lisbonne. Tous deux, en leur langue chaude et vibrante, ont fait un magnifique éloge des merveilles que la (1) Lundi, 9 septembre, après-midi, l'éloquent irrédentiste a fait,sous la présidence de M. Lockroy,une brillante conférence publique sui· la France et l'It alie. Les applaudissements ne lui ont pas été ménagés. Aussi regrettons-nous v ive- ment que les nécessités de la composition et du tirage ae nous permettent pas d'en rendre compte. •

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