354 LA REVUE SOCIALISTF: d'article 340misà la portée de la mère, ou, en d'autres termes l'abandon de l'enfant permis à l'un des parents après avoir été abusivement permis à l'autre. 2°La recherche de la paternité doit être autorisée sans restrictions. Enfin, en attendant l'accroissement du salaire des hommes, qui dispensera sans doute la femme de quitter le foyer domestique, qu'une bonne police des établissements industriels sépare le plus délicatement possible les deu~ sexes, et surtout qu'elle écarte des jeunes filles les hàtiyes séductions du vice. L'heure est venue où il faut chercher à procurer à la femme des métiers plus doux à exercer que la plupart de ceux auxquels elle est contrainte d'user sa Yie, et surtout <le lui assurer un salaire moins cruellement insuffisant que c-eluique tant de peine lui donne. Est-il possible qu'en un siècle où la politique enjoint de tout essay'er pour adoucir l'existence des om-riers, que la femmereste condamnée à l'effroyable misère qui lui est réservée dans les villes, si elle veut vivre s~ule et honnêtement cleson travail! C'est donc en dernière analyse a une plus équitable réorganisation du trayail qu'il faut demander en partie la solution du problème. - Mais pom· que le préjugé de§ industriels envers le travail des femmes cesse, il faut que le préjugé clu grand maître qui donne l'exemple, le préjugé de l'Etat cesse. Pendant que l'Etat repousse les iemmes des fonctions dont il dispose, pendant que l'État infériorise le labeur de l'institutrice, le labeur des employées des postes et télégra,Phes, on peut dire que le premier exploiteur de la femme, c'est l'Etat. - A travail égal, salaire ègal. - Les industriels en rètribuant mal le travail des femmes ne font que suivre les erreurs de l'État. Parce que la femme n'est pas une personne suffisamment autonome, parce que, sous l'influence héréditaire la femme est trop considérée comme un satellite de l'homme bien plus que comme un être qui a sa vie propre, tous ses actes sont dépréciés. Et un remède à l'avilissement de son salaire serait peut-être la formation de groupes corporatifs féminins, de chambres syndicales auxquelles un crédit spécial viendrait en aide. - Malheureusement les femmes ne peuvent pas en organiser de véritables par suite de leur incapatité civile ou de leur minorité dans le mariage. Il est également nécessaire de développer l'instruction professionnelle des femmes, et de généraliser l'institution du département de la Seine qui confie à des femmes le soin d'inspecter les ateliers de jeunes filles, en élargissant le mandat de ces inspectrices. La loi de 1874, déjà insuffisante, se trouve de plus, mal appliquée. Elle est à refaire. Qu'il y ait aussi des Prudes-Femmes (il y en aYait dans les
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