La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LE MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A .L'ÉTRANGER 35 t· 4c·• En Suède, Mlle Ellen Fries, docteur ès-lettres, membre de la Société Fredrika Bremer, à Stockholm. 5° En Suisse, Mme Ma1·ieGoegg, domiciliée à Geuève. 6° En Pologne, Mme X... , domiciliée à Varsovie, membre de la Ligue française pour le droit des lemmes. lLe nom ne peut être publié, à cause des lois qui interdisent en Pologne les associations). 7· En Grèce, Mme Callirhoë Parren, memdre de la Ligue f/"ançaise pou1· le droit des femmes. domiciliée à Athènes. • 8· En Amérique, la Rev. Amanda Deyo, domi,·iliée à New-York, membre de l'Association pour le suffrage des femmes, de l'Etat de New-York. 9· ,En Italie, Mlle Luisa de'Vi.rte, à Ripafrata, près Pise. Finalement, rendez-vous général à Genève, le 10 septembre, pour prendre part au CONGRÈS UES QUESTIONS DE MORALITÉ PUBLIQUE, En attendant l'assembléê a émi::iun vœu pour la suppression de la prostitution réglementée. « Au fond de toutes ces existences brisées et souillées, nous trouvons presque toujours une trahison d'homme. Il ne faut pourtant jamais oublier que lorsqu·un être humain touche jusqu'au dernier degré de l'échelle morale, c'est souvent parce qu'il n'a pas rencontré la main qui aurait pu l'arrêter dans sa chute à l'heure décisive de la vie» (paroles de .vlmede Morsier). Évidemment on ne peut pas forcer un jeune homme a vivre éternellement avec sa maitresse, surtout s'il n'en a pas d'enfants; mais au lieu de l'en détourner par égoïsme, on devrait au contraire l'y encourager. Mais allez trouver cet héroïsme altruiste chez des parents qui, depuis des années, songent au brillant mariage et par conséquent à l'avenir de leur enfant. Les malheureux! Ils ne pensent pas à leur bonheur, si leur fille, se trouvant dans les mêmes conditions que la maîtresse de leur fils, s'était 'fait suffisamment aimer et estimer de son amant, pour que celui-ci veuille bieri ne jamais l'abandonner. Elle n'est pas et ne sera jamais dans les mêmes conditions. Soit. Mais dans presque toute femme restée honnête, il y avait l'étoffe d'une autre. N'est-ce pas là une question de milieu? Je m'arrête, car les tneilleurs sermons ne changent pas le train des choses. Mais il est des réformes pratiques qui exigent moins une refonte altruïste des mœurs qlie de la bonne volonté et du dévouement. Pourquoi ne tenterait-on pas, avant la chute définitive et dégradante, ce qu'ont tenté après en Allemagne, Mme de Krudner, en Angleterre, Mme Butler; en Suisse, Mme de Gasparin; en Italie, la cotntessé de Saffl; en France l'œuvt•é des libérées de Saint-Lazare? Pourquoi, faisant abstraction des femmes qui sont dans leur ménage et qui ne devraient point travailler au dehors, ne pas demander avec Mme Louise Koppe des écoles cl'apprentissilge qui suppriment l'apprentissage proprement dît, cette école du vice? Pourquoi

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