La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

350 LA REVUÉ SOCIALISTE « Attendu qu'en droit naturel, la femme majeure est l'ég al de 1homme majeur; . cc Que, dans le mariage, il ne peut y avoil' infériorité de l'un des époux v1sà-vis de l'autre époux; « Que les droits de la mèl'e sur l'enfant doivent être identi ques à ceux du père; , . , « Le Congrès émet le vœu que, dims tous les pays ou la femme est mfc- riorisée, - à commencer par la France, - l'ensemble de la législation civile soit revisé dans le sens de l'égalité la plus complète e ntre les deux sexes, aussi bien hors mariage que dans le mariage. » 2° Que les femmes puissent exercer la profession d'avocat; 3° Que l'article 340 du code cjvil, interdisant la recherche de la paternité, s 01t abrngé, et que les enfants naturels reconnus ou qui btabliraient leur filiation, aient, à l'égal'd de leu!' pèl'e et mère, les mêmes droits successornu x que les enfants légitimes; 40 Que la prison de Saint-Lazare soit démolie; 5° Que les sel'gents de ville aient seuls le droit <l'arrête!' le s femmes; 6° Que des Refuges soient créfs dans tous les a1rondissements; 70 Que l'on crée dans chaque mairie des Bul'oaux de bie nfaisance uniquement dirigés par des femmès; so Que les emplois d'enquêteurs auprès des nourrices so:ent o ccupés par de~ femmes sous la surveillance de doctoresses; 9° Que l'appioutissage ait lieu dans rles écoles et non dans des ateliers; 10° Que l'on crée <lesAsiles de travail pour les femmes; 11° Que les instituteuJ's et les in~titutrices aient un salaire égal; 12° Que toute!! les femmes aient acrès aux carriè!'es libèrales. Ce dernier ,·œu, proposé par ;\lme Eugénie Potonié-Pierre, est conçu dans les terthes suiYants : « Lo Congrès, n Considérant que la femme, en se taisant dans la Société une place nou • velle, d,Jit en même temps tran!!forme1· l'ordre social, arr ive1·, élément neuf, pou!' réformer en entrant on fonctions, los antiques institut ions, dont les errements séculai1es n'ont pas été son fait à elle, mais au conl rnire ont airlé à son asservi!!sement, émet le vœu quo les femmes adonnées au x cal'l'ières libérales tassent ent1e elies une sorte de ligue a~·ant pour but de s 'aider mutuellement, quant aux réformes à accomplir dans l'exel'cice de leur profession. » Comme couronnement au Congrês, la plupart des dames q ui avaient participé à ses travaux jetèrent immédiatement les lJases d'une Feâe'rationinternationale pour la Revendication des Droits d e la Femme. Ont été acclamés : comme siège ùo la Fédération, Paris; comme organe officiel, la Revue, le Droit des Femmes; comme président, M. Léon Richer; comme correspondantes (il nous manqu e la Norwège et le Danemarck) : 1 ° En Angletene, :\Ille Florence Balgarnie membre de la So ciété nationale de Londres pour la rev1mdication des droits politiques des fe mmes en Angle- terre. 2° Ecosse, Mlle i..ouisa Stevenson, membre de la Société nationale pour le suffrage des femmes, à Edimbourg. 3° En Belgique, Mlle Van Diest, docteur en médecine, à Ixelles, près Rmxelles (membl'e de _la Ligue f.,.ançaise pour le droit des femmes. I

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