La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

, 316 LA REVUE SOCIALISTE il y a antagonisme entre l'état de conscience et l'état social; il y a donc nécessité de réYolution au dix-neuvième siècle. La Révolution inéluctable, justicière et novatrice réalisera le socialisme, ce troisième cycle économique de la société moderne. « Mais quels sont les deux premiers? « Les deux premiers cycles économiques peuvent être ainsi énoncés et caractérisés : « 1° L'Eco"llmm·que, école de Quesnay et des Physiocrates; base: la Terre (capital immobile, privilège, anarchie, monarchie aristocratique); « 2° La Chrématisti'que, école de Say et des naturalistes; base : la Richesse (capitàl mobile, anarchie, monarchie constitutionnelle). « Ces deux cycles étant épuisés, nous arrivons au troisième cycle économique que nous formulons comme suit : « 3° Le Socialisme, école de Proudhon; base: le Travaû (solution de l'idée de capital, harmonie, République démocratique). >) Telle est la donnée socialiste générale d'Oliveira Martins, qui s'arrêtant au mutuellisme, s'arrête à moitié chemin. Dans son Da reorganisaçao social, publié en 1875, Joâo Bonança ne manque pas non plus d'originalité réelle. Il établit d'abord que les gouvernements conservateurs poussent à la guerre sociale, il prêche ensuite « l'Alliance des hommes de science et des hommes de labeur, pour travailler de concert à l'établissement sur la terre de la paix et de la justice sociale. « Les insurrections de la Commune de Paris, d'Alcoy et de Carthagène furent, ajoute-t-il, la levée de boucliers des prolétaires contre la féodalité financière (argentariada) comme les antiques insurreçtions de Porto, de Braga, de Compostellemotivèrent la levée de boucliers des bourgeois opprimés contre l'aristocratie féodale. Les bourgeois révolutionnaires portugais furent aidés par les musulmans, les prolétaires modernes le seront par les républicains démocrates et, par les théoriciens socialistes, ces sages des temps modernes. « Ainsi aidés, les prolétaires vaincront. Visiblement, une Révolution sociale immense se prépare dans le monde, le Portugal doit y prendre part, car seule elle nous donnera la paix sociale. » Plus loin, Bonança adoptant les principes extrêmes du collectivisme révolutionnaire, dit formellement : « La grande cause de toutes les révolutions, c'est la propriété individuelle qui fut originairement un vol et que la loi ne saurait justifier. La terre est un bien social, elle doit être mise graduellement en commun. Les capitaux aussi sont un bien social, et comme tels doivent être socialisés. Par la sera éteint le paupérisme, ce

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