La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

• LE SOCIALISME EN PORTUGAL 315 22° Nationalisation des senices publics tels que chemin de fer, mines, institutions de crédit, assurance, etc. 23° Nationalisation du sol et son exploitation par des sociétés d'ou-uiers agricoles, organisées et créditées par les municipalités. 24° Aide de l'Etat pour l'établissement et la mise en train des soêiétés de production. 25° Exclusion des patrons et des propriétaires de l'administration des sociétés ouvrières. 26° Prohibition du tra·rnil pour les enfants àgés de moins de quatorze ans. 27° Abolion du temps fixé par l'apprentissage et régularisation des aptitudes par des commissions techniques ouvrières. 28° Organisation de l'enseignement professionnel, industriel et agricole. 29° Fixation de la iournée du travail à neuf heures et sa réduc.:.. tion proportionnelle dans les professions plus fatiguantes et plus insalubres. 30° Division du salaire par heure de travail. 31° Fixation d'un minimum de salaire calculé sur le prix. dés denrées de première nécessité par des commissions ad hoc. Le Parti ouvrier socialiste portugais est resté fidèle à ce programme. Peut-être trop en ce qui concerne la lutte des classes, car les socialistes auraient dû s'engager plus à fond dans l'agitation républicaine et sociale qui est, dans les grandes villes portugaises, l'œuvre d'un parti puissant, énergique et plein d'avenir et sur l'importance historique, politique et sociale duquel nous reviendrons. A côté du socialisme ouvrier portugais et tout près du parti républicain social, il convient de noter deux manifestations de socialisme théorique, nous voulons parler de Portugal e o Socia:lismo de l'éminent historien portugais Oliveira Martins et de Da Reorganisaçao social de Joâo Bonança. Martins est un disciple de Proudhon, mais un disciple qui est quelquefois, au point de vue de la méthode, supérieur à son maître. Dans son œuvre principale, l'écrivain socialiste portugais commen~e par un historique philosophique de la question sociale, complété par d'important.es données statistiques touchant le Portugal, et il conclut à un mutuellisme autrem,.mt imprégné de socialisme collectiviste que ce ne fut le cas pour le mutuellisme proudhonnien. « Évolution et Révolution, dit Martins, tels sont les deux facteurs du progrès humain. La révolution est une évolution subjectivée; évolution, révolution : thèse, antithèse, quand on les considère extérieurement, ne forment qu'une synthèse, quand on les examine en soi. Ce sont les pôles d'une planète autonome. c Il y a nécessité de Révolutior;i.quand, dans une époque donnée,

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