ÉTIENNE DOLET 27 Ce fut sa perte. Ses ennemis épiaient toutes ses actions. A peine ayait-il eu le temps de faire impl"imer le Second Enfer et la traduction française des Deux dialogues, attribués alors à Platon, qu'il fut ressaisi par Maistre Jacques de Vault, messager ordinaire du roi qui réclama, à ce propos« mille escu::; <lîn<lernnilé, tant pour la fuite industrieuse ,ludit Dolet, dont il antH la charge, que pour l'avoir reprins et amené à grands frais, pei. onniee rn la Conciergerie de Pai·is ». Dolet amit eu une fàcheuse i<léede prnfiter de ::;oncoul't passage à Lyon pour fai1·e imprimer ses üeux. (lialogues do Platon. Le 4 novembre 154.J, la Faculté cle théologie <leParis se réunit dans la gmntle salle ile la Sorbonne. Bxaminant cc kavail, elle rut scamlali ée d'y trouver cette pht·a e : « _\.près la mort tu ne sei·as plus rien tlu tout. » Cette phrase fut jugée hérélique, conforme à l'opinion des Saducéens et des Epicuriens et C'n conséquence la Faculté confia aux. « députés en matière de foi le soin cle formulc1· une censure sur ledit livee. » Ils conclu1·ent ainsi : (< Quant à cc dialogue mis en françois intitulé"" AcochiU,s » (.A.xiocbus)CC'lieu et passag-e, c'e t à sçavoir, attendu que tu ne seras plus 1·ien du tout, est mal traduict et contre l'intention ,le Platon, auquc>lil y a n:r en gi>ecny en latin ces mots RIEN nu TOUT. » Dolet fut renvoyé devanl le Parlement comme accm,é de blasphème sédition et expédition de livres prohibJs et damnés. C'est le blasphème qui constituait la principale accusation. Nou::; n'arnns rien ti·ouvé qui expliquàt le second chef <l'accusation, la sétlilion, à moins qu'on ne considérât comme telle son évasion. Quant au ti·oisième, •Dol~t reconnut quît axait c!fectiYement Yernlu cles lin-os des ::;aintes Ecritures en français et. en latin. Son procès dura long-Lemps. Il comparut maintès fois doYant le tribunal, et eut à subie ;les interrogations qu'il supporta aYec courage, malg1·èsa longue captiYité. Le 2 août 1546, après une détention de deux ans, Dolet: fut condamné a ètre pendu et brülé. Voici l'arLÎcle principal de l'an-èt: « La dicte Court a con<lam1léle dict Dolet prisonniet', pour 1·éparation des dicts cas, crimes et délicts, à plain contenus au dict prncës contre lui faict; à eske mC'néet conduicLpar l'C'xécuteur do la justice en ung tombereau, depuis les clictes prisons Ile la rlicte Conciergerie du Palais jusques en la place I\Iaub01·t; où se1·adressé et planté, en lieu plus commode et convenable une potence; à l'entour de laquelle sera faict ung grand feu, auquel ap1·èsavoir esté soubleYé en ladicte potence, son corps sera jecté et bruslé ayec ses lincs et son corps mué et converti en cendres; et a déclair6 et déclairc tous et chascun les biens du cliét prisonnier.acquis et confisquez au roy ... Et ordonne la dicte Court que auparavant l'rxécution de mort clu
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