La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

26 LA REVUE SOCIALISTE Il termine ainsi son en-voi. ._Faictes sonner cette heure, Puisque vous gouvernez l'hoi-loge. » Vous savez que la ùuchesse d'Etampes, était la maîtresse du roi. Dolet adresse aussi, une supplique« A la souveraine et vénérable Cour du Parlement de Paris. ))Il insiste sm· le mau-rnis tour qu'on lui a joué. Il écrit« Aux chefs do la Justice de Lyon, tant on l'orùinaire qu'à la Sénéchaussée »; A la reine de Navarre, la seule Minene tle France», et même « A Monseigneur le Révérenclissime cardinal de Tournon. » La dernière, dans laquelle il rnoutre sa confiance dans sa bonne cause, est adressée à ses amis pour les reconforter. Nous ferons remarquel', ayec M. Bonlmier, que dans toutes los requêtes (le Dolet, c'est l'indignation qui déborde, une inclignation vib1·anteet généreuse qui ne ressemble pas à une prière servile : « Dolet ne songe pas alors à pénétrer de clémence et de compassion l'oreille som·de, l';-imcinsensible de ses juges; dans ces momentslà le style de l'audacieux. humaniste, au lieu clese teindre à l'eau de rose se fait en quelque sorte rouge <lecolère ... (1) C'est aussi, inspi1'épar les sentiments lm,plus profondément humains - ceux quo nous deYonstoujours avoir clans le cœur - qu'il parle de la vie de l'homme: << Vng homme est-il de valeur si petite 1 (< Est-ce une mouche1 ou vng ve.rms, qui mérite Sans nul esgard si tost faict et instruict, Si tost muny de science et ve1·tu, Pour estre ainsi qu'une paille ou festu, Anihilé ~ faict on si peu de compte D'un noble esprit qui mainct aultre surmonte~ » L'exil pesait lourdement sur Dolet. Il était contristé de se tl'OUYer éloigné de sa femme et tle son fils, de ne pouvoir surveiller son imprimerie. Il espérait <l'ailleurs que ses nombreuses épîtres lui assuroeaiont le salut. Voici comment il raconte les fait.s qui suivirent clans la préface « Au roy très chrostien >) qui figure en tête de ses Deux di"alogues de Platon-. « Retournant dernièrlilment du Piedmont avec les bendes vieilles dit-il au roi dans la dédicace de ses Dialogues de Platon, pour avec ycelles ~e conduire au c~mp que vous dressez en Champaigne, l'affection, l'amour paternelle ne perm1st que p~ssaut près_de Lyon, _jene misse-tout hazard et danger en oubly pour aller veo1r mon petit-filz et visiter ma famille. » (1) Boulmicr, lac. citat., p. 231.

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