La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

DES SERVrGES PUBLICS 301 à fait priYé, caractère que l'idée de « service public » ne comporte point. Mais si l'idée d'utilité générale est inhérente au senice public, elle ne le constitue pas à elle seule. Ce qui fait que telle chose, plutôt que telle autre, doit êt1·c considérée comme senice public, c'est - en plus cln caractère d'utilité générale - un autre caractère encore, mais qui Yarie suirnnt les cas particuliers. Ainsi, telle chose d\,tilité générale est ou doit. êtee constituée en senice public, parce qu'elle n'exi terait pas si on l'attendait de l'initiatiYe privée, ou parce qu'elle serait clétoumée de sa v1'aie clestination; telle autre chose, parce qu'elle constitue un monopole qu'il serait dangereux d'abandonner à de· particuliers; telle autre, parce qu'elle exige un Yaste travail d'ensemble nécessitant la combinaison d'un grand nombre rle traYailleurs et, par suite, une direction unique et suprême, qui ne peut être remise qu·aux mains de l'administration publique, si l'on ne veut constituer ce que l'on a appelé,à juste titre, une féodalité industrielle. Dans le senice public, le public tout ent.ier inteiTient pour l'exécution, oit cli1·ectement.,soit indirectement par des mandataii·es, des administrateurs, ou par la concession à des compagnies. Nous pouvons dire que le service public, dans sa forme typique, est doublement public : 1° eu ce que c'est par le concours direct ou indirect de tous qu'il est exécuté; 2° en ce qu'il a pour but direct ou indirect l'utilité de tous. Le Yéritable service public est cloneà la fois public par sou sujet et par sou objet. Citons immédiatement un exemple. Voici plusiem's localités qui veulent établir entre elles des eelations plus faciles et plus régulières; poue cela, il faut constrnire un chemin nouyeau, une route, ou rendre plus praticables les Yoies de communication existantes. Que le public tout entier, la population de ces localités, einoie tous ses hommes valides travailler à tour de rôle à la construction de cette voie (comme cela se pratiquait autl'efois), ou qu'il charge des mandat.aires, des administrateurs, d'entreprendre la construct.ion de cette voie ou de s'entendre ad hoc avec des entrepreneurs parti- •culiers, toujours est-il que c'est le public tout entie'r qui crée ici un service,- et pour qui? pour lui-même, pour lui public. Ces points établis, énumérons brièvement les principaux services publics actuellement existants, et qui seront toujours plus ou moins nécessaires dans une organisation sociale quelconque, sauf à les modifier suivant les besoins nouveaux et les idées nou,·elles. Nous avons d'abord le service de la sécur-ité, comprenant les trois grandes divisions de la législature, de la justice et de la police, et ayant pour but général de protéger le public contre la violence ou la fraude, et d'assurer l'exécution d'es contrats. Dans la société actuelle, ce service public (qui du reste doit être profondément modifié dans son organisation); sert aussi et principalement à main-

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