.. 300 LA REVUE SOCIALISTE services publics actuellement existants; puis, nous éliminons de ces senices publics ceux qu'u~ie nouvelle organisation sociale paraît devoir rendre inutiles; nous cherchons quels sont les services publics que les nécessités nouvelles réclameront, et ceux qui, dès à présent, se font déjà sentir comme un besoin évident; nous nous demandons ensuite à qui l'exécution de ces (liyers services publics incombe naturellement, rationnellement; arrivés à ce point, nous sommes appelés à jeter un coup-d'œil sur l'ensemble de l'évolution économique, et à nous demander si les transformations profondes que cette évolution fàit ou fera subir à certaines industries, ne font ou ne feront pas de ces indusiries de véritables services publics, enfin, nous terminerons par la question de savoir comment, de quelle maniére, les services publics, en général, devraient être exécutés dans l'avenir. On comprend que nous ne pouvons aborder tous ces points sans toucher, chemin faisant, à beaucoup d'autres questions qui sont en rapports immédiats avec la question des services publics, notamment aux questions de l'administration publique, de la propriété, de l'organisation du ti·ayail, de l'enseignement, etc. C'est que, en effet, la question des services publics est une des plm, importantes et des plus vastes questions de la science économique; et c'est en grande partie de la façon dont cette question sera 1·ésolue,que dépernll'a la solution mème de ce grand probléme social de notre époque: l'affranchissement des travailleurs, l'abolition du prolétariat. I Tout d'abord, demandons-nous ce qu'il faut entendre par« service public». • Ce serait aller trop loin de comprendre, sous ce terme, tous les services ou trayaux quelconques qui sont utiles ou même absolument indispensables à la généralité, au public, et dont la société ne. peut se passer sans inconvénient. Dans ce cas, il faudrait, avant tout, considérer comme service public la production de tous les objets de premiére nécessité : l'agriculture, la boulangerie, la boucherie, la construction ·<les habitations, seraient éminemment des services publics. Nous ne voulons pas dire, cependant, que jamais ces traYaux ne pourront devenir l'objet de sei',1ices publics, puisque certains d'entre eux tendent déjà à le devenir dés maintenant (témoins les a.battoirs publics de nos grandes villes, et aussi certaines grandes boulangeries économiques auxquelles les administrations publiques ne sont pas toujours étrangéi-es); mais il est éYident que, généralement, ces travaux ont actuellement un caractére tout
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