• 288 LA REVUE SOCIALISTE lieue, et cette différence consü;te dans la somme économisée ou dépensée annuellement pour voyager clela maison d'habitation a la maison de commerce ou d'affaires. Celui qui cherche un logement et qui hésite entre Bloombury (1) et Tottenham (2), trotn-e que tous les avantages de la situation ont été écrémés avec une précision scientifique par le propriétaire. A mesure que les baux expirent, les maisons, les boutiques, les clientèles de commerce, les fruits résultant du travail d'une vie entière, tout cela tombe dans le jabot du propriétaire du sol. Confiscation du capital, spoliation des familles, anéantissement de la stimulation, tout ce que le plus ignorant et le plus crédule capitaliste a jamais reproché au socialiste, tout cela sévit ou-vertement à Londres, qui commence à se demander s'il n'existe et ne travaille que pour le duc typique, sou fameux jockey et son célèbre cheval ile course. Le comité il'réprochablement respectable que préside Lord Ilobhouse, et qui s'occupe de la taxation ile la plus-value des terrains, est déjà en campagne dans le but ile réclamer la -valeur llu site de Londres au profit de Londres collectivement; et l'agitation que ce comité suscite reçoit une impulsion additionnelle à chaque bail qui expire. Sa cause est invincible, et le mal qu'il attaque pèse sur la classe des contribuables et des locataires à bail aussi bien que sur des victimes plus humbles. Cette pression économique est formiclablemeut renforcée par l'opinion politique des associations ouvrières. Ici, les membres modérés se contentent de demander un impôt progressif sur le reYenu, ce qui est, virtuellement, la proposition de Lord Hobhouse; là, les extrémistes sont en faveur de la nationalisation du sol, ce qui est encore le principe de Lord Hobhouse. On ne peut résister indéfiniment à la demande d'une telle taxe. C'est un fait digne de remarque, qu'il existe une nouyelle note clans cette demande. Autl'efois,on propo ait des taxes pour un objet spécifique, pom· payer les frais d"tme guerre, par exemple, pour augmenter l'instruction, etc. Aujmtrcl'lrni, on propose de taxer les propriétaires terriens afin de leur faire rendre une partie de notre argent, on propose de reprendre cet argent d'abord et de lui trournr un emploi ensuite. Depuis que le liYre rle M. Henry George(3) est a1·1·iyédans les mains des raclicaux anglais, il y a eu une ilisposition croissante d'imposer une taxe cle100 pom· 100 sur les revenus manifestement non gagnés, c'est-à-dire de plusvalue; en un mot de déposer 450 millions de livres sterling (11.250millions de francs) sur le bureau du ministre des finances et de se retirer ensuite après avoir fait retentir trois acclamations en faveur du retour de la terre au peuple. (1) Un quartier central de Londres. (2) Un quartier de la banlieue de Londres. (3) Progress and Rouerty. t
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