284 LA REVUE SOCIALISTE LECHEMIN A PARCOURIR (Suite et fin.) En 1832, le pouvoir politique passa dans les mains de la classe moyenne; et en 1838, Lord John Russell annonça que c'était un pas final. Dans cet intervalle, la classe moyenne avait, en 1834, balayé le demier refuge économique des travailleurs, la Yieille Loi des Pa,rnres, et les avait livrés sans défense aux furies de la concurrence. Dix années de troubles et d'émigration s'ensuivirent et alors on vit apparaître comme suffisant remède : l'impôt sur le reYenu (lncome-tax). En mème temps les lois sur le travail dans les manufactures furent rendues efficaces. L'impôt sur le revenu (1842) qui, d'après les principes individualistes est une anomalie de caractère spoliatif, est simplement un transfert de la rente et même de la « rente du talent » (rent of ability), des poches de ceux qui la touchent aux coffres de l'État. Les ·whigs qui l'adoptèrent s'excusèrent en prétendant que ceux qui avaient le plus de propriétés a faire protéger par l'État devaient payer ad valorem pour cette protection. Les lois sur le travail dans les manufactures balayèrent de la politique pratique la théorie anarchiste de l'irresponsabilité de l'entreprise privée; elle rendit les patrons responsables envers l'État du bien-être de lem's employés et transféra directement aux travailleurs un a-compte dans les profits, en élevant leurs salaires. Puis vinrent la découyerte des mine~ d'or en Californie (1847)et en Australie (1851) et les périodes agitées qui rallumèrent les instincts rétrogrades de M. Gladstone, au point de lui faire Yainement espérer l'abolition de l'impôt sur le revenu, espérance surexcitée par le spectacle de l'immense rente économique de la fertilité minérale de l'Angleterre. Ces événements diminuèrent la pression exercée par la nouvelle Loi des Pauvres (Poor Law). Les tra-vailleurs fortifièrent rapidement leurs Trades Unions, qui furent alors attaquées comme tendant a saper l'indépendance virile qui ayait autrefois caractérisé le travailleur anglais (1). De suite on vanta ces Trades Unions comme la perfection de (1) Voir le rapport final de la Commission royale des Trades Unions, 1869. Vol. 1, p. 17, sec. 46.
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