DU DROIT A L'ASSISTANCE 275 Je n'ai pas à discut.er ici les moyens, me bornant à la proclamation de ce principe général (1). Que l'on mette le secours à la charge de l'Etat comme le voulaient ayec raison la Constituante et la Convention; qu'on en laisse au contraire le soin à la Commune, comme en Angleterre; qu'on institue une taxe des pauvres, ce qui n'est nullement nécessaire, ou que l'on préléve les sommes imlispensables sur l'ensemble des impôts, ce qui me paraît préférable, toujours est-il que la société a l'obligation de secourir tous les malheureux, ce qui implique pour ceux-ci le droit d'exiger ce secours. Qu~si l'on m'objecte la théorie de l'aumône et de la charité, je répondrai, en terminant, avec le duc de Larochefoucault-Liancourt: « La législaion d'un Empire ne peut-être fondée ni sur des sentiments, ni même sur des vertus privées; elle doit l'être ~ur des principes généraux, immuables, et ceux-ci sont d'une justice exacte et nécessaire et d'une saine morale. D'ailleurs, le champ de la bienfaisance privée restera toujours ouvert tant aux particuliers qu'aux associations. » A. REGNARD. (1 l Il me parait cependant indispensable de ci tel' comme un des palliatifs les plus heureusement imaginés pour adoucir, dans une certaine mesure, les maux occasionnés par le régime d'individualisme aujourd'hui régnant, le système des assurances ouvrières obligatoires. Ces caisses d'assurances, à la fois locales et nationales, alimentées par le patron surtout et par l'Etat, devront garantir à l'ouvrier des secours sérieux dans le cii.s de chômage, d'accident ou de maladie; une retraite pour sa vieilles,;e, et en cas de mort, une rente suffisante pour permettre d'élever les enfants et de soutenir la veuve. C'est là une condition p1·esque ii,dispensable pou!' arriver à l'organisation complète de l'assistance obligatoire. (Voy. A. Regnard, De la mortal-ité dans les hôpitaux de Province et De la nécessité d'une réforme radicale de l'assistance publique, Paris, 1886; p. 29, sq .)
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