La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LE CONGRÈS DE NAPLES Les débats s'ouvrent ensuite. Le premier sujet examiné est celui de savoir si les membres des corporations associées doivent prendre part aux élections polit,iques, les uns sont pour, les autres sont contre. Tous font valoir des arguments assez plausibles ; cela dure longtemps : à la fin Bovio dans une chaleureuse allocution proclame la folie et la culpabilité de l'abstention. Plusieurs ordres du jour sont alors présentés à l'un desquels se rallie la majorité établissant que chaque membre conservera sa liberté d'action dans les luttes électorales. Le vote a lieu par appel nominal, ce qui indique la sincérité avec laquelle sont dirigés les débats. Le deuxiême sujet de discussion porte sur l'organisation du travail; le jeune Magliano, étudiant en droit, déjà a plus.ieurs reprises cité par moi, doué d'un véritable talent oratoire, plein de chaleur et de conviction, réclame les conditions nécessaires aux ouvriers pour pouvoir fai~e entendre leurs revendications et arriver pratiquement a l'entente qu'ils poursuivent. D'autres orateurs prennent ensuite la parole parmi lesquels le député Almirotti. Magliano leur répond au nom de la Commissiondirectrice et propose dans son ordre du jour que les comités de section et de centralisation des sociétés ouvrières coopératives agissent en même temps comme comités de défense des droits politiques des travailleurs. La quatrième séance du 17° Congrès ouvrier italien a été la plus importante en ce sens qu'elle a traité la question fondamentale du problème social, celle de la propriété individuelle et du droit qui en découle, celui de !'hérité. La séance a été ouverte comme d'habitude a deux heures de l'après-midi. On lit plusieurs lettres d'adhésion au Congrès. Un congressiste propose un vote de solidarité avec les rédacteurs du journal la Carabine, de Milan, qui se sont trouvés poursu·ivis et ont été condamnés. - Il n'est pas donné suite à la propof;ition. On discute ensuite sur l'ordre à suivre dans la discussion des articles de l'ordre du jour. Une fois ce point réglé, on passe à la discussion de la réforme des œuvres de bienfaisance religieuse et à la conversion du [patrimoine à elles appartenant. Le rapporteur Pantaleone termine ses explications à ce sujet en demandant qu'on se range à la délibération des précédents cong1·ês lesquels affirmèrent que les institutions de bienfaisance devaient. toutes avoir un caractère national et servir exclusivement à soulager les malheureux incapables de subvenir par eux-mêmes à leur propre subsistance. Cet ordre_ du jour est adopté. Vient ensuite ..

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