La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

208 LA REVUE SOCIALISTE LACONFÉRENCDE SAMOA AYant d'entrer dans l'examen des incidents qui ont marqué la réunion de la confé1·ence à Berlin, exposons en quelques lignes les événements qui se sont déroulés à Samoa depuis 1877. Le groupe de Samoa composé des trois îles d'Upolu, de Sawaï et et de Tutuila, émerge de l'Océan Pacifique, à une faible cfo;tance<le la NouYelle-Zélande. Le rapport de M. Thurston, commissaire du gouvernement anglais, lui af-'-signeune superficie de 670,720 ac1·es. Il est habité par <lestribus polynésiennes, possédant une civilisation peu avancée,et paraissant peu <lisposéesà s'assimiler les mœurs et les coutumes des immigrants européens. La position exceptionnelle de Samoa, sorte d'étape située sur la geande route maritime de San-Francisco à Melbourne, avait depuis longtemps attiré l'attention des gom·ernements anglais et américain. Monsieur de Bismarck, toujours hanté par des rhes d'expansion coloniale, n'eut garde de son côté de négliger ces îles dont le sol fertile restitue à 20 010 les capitaux qui lui sont confiés. Dès 1887, les Samoëns purent s'apercevoir qu'ils ne tarderaient pas à posséder de nom·eaux maîtres. Divers traités furent, vers cette époque, conclus entre leur roi Malietoa d'une part et les gouvernements allemand, anglais et américain de l'autre. Ainsi s·établit une sorte de condominium dans lequel les trnis puissances paraissaient. aYoir des droits égaux. Malietoa faisait. cependant pencher légèrement la balance, en faveur de l'Allemagne qui obtenait dans les ports d'Apia et de Saluahata une situation priYilégiée, et des EtatsUnis dont l'influence deYenait prépondérante à Pago-pago. Un gouvernement municipal « municipal government » était institué à Samoa. Le roi, son chef nominal, abandonnait la réalité du pouYoir à des fonctionnaires désignés par les consuls d'Allemagne, des Etats-Unis, et d'Anglet.erre. La situation intérieure des iles Samoa rendait cependant fort difficile la prolongation de cet état clechoses. Dans son rapport du 3 décembre 1886, M. Travers, consul général d'Allemagne signalait l'existence, dans le territoire d'Appia,'.dedeux partis irréconciliables, et prévoyait le moment où serait rompue la trêve imposée par la présence des étl'angers. L'évènement devait bientôt justifier ses prévisions.

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