La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

202 LA REVUE SOCIALISTE travail individuel, ou tout an plus familial, à la culture morcelée et en petit. Qui -veut rassociation agricole, la culture combinée et unitaire par des groupes agricoles, tend par cela même vers la propriété collective du sol. Quant à nous, nous sommes collectiviste et pour le tPaYail agricole et pour la propriété agricole. Nous sommes collectiYiste pour le travail agricole, parce que nous savons qu'une saine agronomie, enseignant à retirer cle la tc1·rc le nrn:x.imumde prorluits utiles en quantité et on qualité, réclame la grande culturn, Je tr,wail collectif; et cela pour cent raisons clont une tirs priocipnles est celle-ci, que le meilleur FlyFltème de culture est celui qui ravorise le plus le développement du rJgne animal, et que ce système exige rle gran<ls pâturages, la f!ran,le culture, les grandes fermes, l'ai;;sociation agricole. Nous sommes collectiviste pour la propriété agricole, parce que le sol arable, leRprairies, etc., etc., sont la principale matière premiè1·ede tous les instruments cleproduction et la source de tous leFl objets de consommation; que le sol est par conséquent. quelque chose de plus qu'un simple outil pour le cultivateur, puisqu'il est l'origine de tous les produits, de tous les capitaux, de toutes les richesses; que son emploi intéresse la société tout entière et qu'à celle-ci seule clenait, par conséquent, en 11 evenir la libre disposition, le ch·oit d'accession et la rente naturelle, c'est-à dire, en d'autres termes, la propriété. La philosophie cle l'histoire nous apprend que, grâce aux progrès des connaissances et ll l'adoucissement des mœurs, l'activité humaine n,utrefois dü·igée presque exclusivement vers la guerre et la destruction, se tourne de plus eu plus Yers l'améliomtion des milieux physique et social dans lesquels nous vivons. Oubliant les rêves théologiques et métaphysiques qui bercèPent son enfance et fürent jadis le principal objet de ses préoccupations, l'humanité va donc s'occuper un peu plus du gouvernement de sa planète. Modifier, améliorer, fertiliser, assainir le globe, rendre les conditions géologiques, météorologiques, climatériques, biologiques, agricoles, industrielles, politiques, morales, etc., etc., de plus en plus favoraùles au développement complet, matériel et mental de tous ses membres, tel est désormais son rôle. Or, sîl est nécessaire, ou même Rimploment utile, à ce clévelop.- pement complet des hommes, à ce bien-être matériel ou intellectuel que la culture et lu p1·opriété collectives remplacent la culture et la propPiété inrlividuelles, si la cultu11e collective est plus favorable à la production en même temps qu'à l'égalité, si la propriété collective peut seule offrir lr.s garanties nécessaires à la société, la culture

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