106 LA REVUE SOCIALISTE fait:qui s'appelle « Congrès de Bàle » ne peut donc être qu'insuffisante, puisqu'elle ignore en grande partie les raisons qui ont poussé la majorité du Congrès à voter en faveur de la propriété collecfo·e. Eh bien, malgré cette insuffisance d'observations, la Liberté n'en présente pas moins sa « conclusion » qui dès lors ne peut être qu'une conclusion a priori. Cette "' conclusion >> est une œuvre de haute fantaisie, où éclate un dédain de l'observation de la réalité,qui n'a d'égal que la prétention puérile d'imposer à l'humanité des lois purPment subjectives, telles que les lois antinomiques du Capital et de la Propriété, nées dans le cerveau de leur auteur et destinées à ne jamais étendre leur existence réelle au-delà de ce petit monde fantastique et imaginaire. Tout le raisonnement des anti-collectivistes a pour point de départ une hypothèse I Les mêmes nécessités sociales qui ont exigé autretois la constitution de la propriété individuelle, exigent encore et exigeront sans doute toujours le maintien de la propriété individuelle. Cemaintien est fatal; la force des choses l'exige; les partages ou successions morcellent, il est vrai, le sol; mais les inconyénients du morcellement ne conduiront pas à l'association, à la mise en commun des parcelles, etc.; c'est-à-dire : le sol tend à se morceler de plus en plus, nous en concluons qu'il y aura peut-être une limite naturelle à ce morcellement. Pourquoi concluez-vous ainsi? De quel droit, sur quoi fondé, prétendez-vous que la propriété foncière incliYicluelleest seule pratique? Savez-vous un autre moyen de remédier au morcellement, à la parcellarité du sol, que la réunion des parcelles, soit que cette réunion se fas ·e au bénéfice d'un seul propriétaire qui fait des autres propriétait·es de parcelles ses ouvriers salariés (système que nous reconnaissons tous comme contraire aux. aspirations de notre époque), ~oit au béné11cede plusieurs par voie de co-propriété, c'est-à-dire d'une sorte de propriété collective, quelque large ou quelque resteeinte que soit du reste cette co-p1°opriété?Y a-t-il dans l'agriculture elle-même, c·est-à~ flire indépendamment des effets qu'ont produit en France et dans quelques pays limitrophes la vente des biens nationaux et la loi sur les successions, - deux faits politiques, extra-économiques.- Y at-il dans l'industrie agricole la moindre tendance au traYail puremeut individuel? Est-ce que cette industrie comme les autres, ne demande pas l'application de la force collectiYe, de la diYision des fouctions, de l'emploi des machines; de la production en grand et avec efüemble? Est-ce que la moisson, la fenaison, les vendanges ne sont pas les types par excellence du travail collectif? Vous youlez le contraire, et voilà pom·quoi prenant votre vouloir pour une tendance positive de la société, vous méconnaissez jusqu'aux faits et croyez que l'évolution naturelle est diamétrale-
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