La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

CONGRÈS INTERNATIONAL AGRAIRE 193 actuelle de la propriété terrienne, nous ne le sommes pas encore sur l'organisation nouvelle. Il serait prématuré de se prononcer dès à présent pour une solution quelconque; la question n'est pas mûre, nous avons besoin de l'étudier sous toutes ses faces, et sul'tout à l'aide de documents plus complets que ceux que nous possédons. Les données nous manquent pour appuyer une solution définitive. Tout ce que nous pouvons faire est d'indiquer nos tendances et préférences, tout en continuant nos études. M. Longuet ajoute qu'il regrette d'avoir été tellement absorbé par ses fonctions de Président-interprète, qu'il n'a pu prendre une seule fois la parole pour son propre compte sur la question soumise au Congrès. Il désire cependant en dire quelques mots. Quant a lui, il pense que l'organisation de la propriété doit être telle, que, tout en faisant cesser le droit d'abus et la possession absolue et inconditionnelle, elle laisse aux part.iculiers la possibilité de s'associer pour l'exploitation en grand ; il croit que ce système serait préférable a la petite culture telle qu'elle est préconisée par les citoyP-nsSimon et Toubeau. Toutefois, il répudie toute espèce de contrainte; l'association doit être libre; chacun doit a,oir la faculté de ne pas s'associer si l'expérience démontre plu~ tard la supériorité des petites exploitations sur les grandes. Il croit aussi que l'impôt unique sur le sol mérite d'être pris en sérieuse considération; la France n'est nullement étrangère a cette idée; on peut même dire que l'idée de prélever la rente foncière au profit de la collectivité est plus française qu'étrangère. Sans remonter aux physiocrates du siècle dernier, nous avons eu, dans notre siècle, de chauds partisans de ce système. Proud'hon entre autres, le considérait comme juste, quoiqu'insuffisant. Depuis Proud'hon et les physiocrates, la question de l'impôt unique sur le sol a fait de grands progrès, et peut-être ne tardera-t-on pas a arriver a la présenLe1· d·une manière satisfaisante et tout a fait scientifique. M. DAUMAScroit qu'il serait possible et utile de modifier le projet de résolutions de manière a donner satisfaction a tous. Il propose une nouvelle rédaction, Enfin M. FLURSCHEIMreprend la parole. Il trouve que l'heure est trop avancée pour continuer utilement la discussion. Il propose de remettre la nouvelle rédaction à une commission qui en donnera communication à l'assemblée pendant le banquet, ce qui est accepté. Mais aucune commission ne s'est réunie; aucun nouveau p1·ojet n'a été soumis à l'assemblée; aucune résolution n'a été adoptée ni avant, ni pendant, ni après le banquet. 13 • \

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