188 LA n !!:VUE SOCIALISTE sité de la population. De sorte que l'on peut établir commerègle que l'évaluati'on de l'impôt métrique se base sur la densité de la population. Mais même clans ce cas, même lorsque la valem· foncière résulte des dépenses municipales et nationales, ou de l'accroissement de la population, ce n'est pas encore la valeur spéciale de chaque parcelle de terre qui doit servir de base a la répartüion, mais la surface métrique, car les services publics sont faits pour toute la surface en général, et non pour telle ou telle propriété en particulier. Si l'impôt ne doit pas avoir ègard a la Yaleur spéciate de chaque parcelle de terre, il doit encore moins tenir compte du prix de vente ou de location, car ce prix est souye11t fixé par des convenances personnelles, des goüts particuliers, des besoins individuels, et même par des fantaisies, des caprices, et des passions, ou par les hasards de la concurrence. Toutes ces circonstances sont absolument étrangères a l'impôt. Les services publics retombant sur toute la surface indistinctement comme l'atmosphère elle-même, se répartissent également sur toute la superficie, et doiYent se payer en raison de l'étendue. La société n'a aucun droit a la plus-value qu'elle n'a pas créée. On me dit qu'il est injuste de taxer le sol de Paris sur le même pied que _les landes de Gascogne. Je le reconnais. Aussi, n'ai-je iamais proposé de faire payer les dépenses faites a Paris par les habitants des campagnes. Les dépenses municipales doiYent être payées par les habitants des villes et communes. Les dépenses faites par la nation dans l'intérêt exclusif d'une localité, doivent, en bonne justice, être payées par la localité qui en profite. C'est la une question de décer.trah:sati·on des services publics. Quand cette décentralisation sera réalisée comme elle doit l'être, les dépenses générales seront supportées par la généralité, les dépenses locales par les localités, les dépenses municipales par les municipalités; moyennant quoi, la justice règnera partout, si la répa1·tition est partout et toujours métrique. On me dit encore qu'aujourd'hui les inégalités agraires sont trop grandes pour permettre l'application complète du système métrique. Je n'ai jamais dit le contraire. En fait d'application, il faut. procéder graduellement, en tenant compte des milieux et des résistances. Par exemple : j'ai donné toute mon approbation au projet d'impôt cubique proposé au conseil municipal de Paris, par M. Daumas. Mais les exigences de la transition ne doivent pas nous laisser perdre de vue les vrais principes, ni le but final a atteindre. Il faut étudier les principes dans toute leur pureté, et non da1{sleurs applications incomplètes. Je suis convaincu que l'application pure et simple du principe de
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