.;, 142 LA REVUE SOCIALISTE périeure à celle qui leur est imposée dans leurs rapports avec les iol'tS. De ceci, il résulte que ce n'est pas uniquement le caprice ou l'intérêt des forts qui règle leurs exigences Yis-à-Yis des faibles et constitue à la charge de ceux-ci toute la série de deYoirs dont se composent les droits que s'arrogent ceux.:.là. Bien que le caprice intervienne certainement pour la plus grande part dans la formation tlnDroit primitif, on peut trom·er une nécessité organique à l'origine de bon nombre de règles impo ées. Le tabou des îles du Pacifique, par exemple, n'est pas arbitraire,ou du moins l'arbitraire n'y a. qu'une part limitée, et les chefs de tribus ne l'étendent pas à certains animaux, à certains objets ou à certains territoires uniquement pour faire sentir leur puissance, mais pour assurer,soit à eux.- mêmes, soit à leurs sujets, la jouissance ultérieure de ces objet· on de ces territoires, la reproduction de ces animaux afin que l'espèce n'en disparaisse pas au grand dommage de tonte la tribu. D'ailleurs, le tabou existe dans nos sociétés civilisées ; il y a des moments cle l'année où le gibier et le poisson sont légalement inviolable~, aûn d'assurer le plaisir ultérieur des chasMnrs, des pêcheurs et des gourmets. IV. - Le Droit imposé éYolue lentement, car il est accepté sans discussion par ceux qui l'ont hét·ité,c'est-à-dire par les descendant~ des vaincus. Pour eux, qui ignorent pourquoi, comment et <lepuis quand le Droit s'est établi, ce Droit qui les 1·égitet les opprime est éternel dans l'avenir comme Llansle passé; il est juste qu'ils n'aient t1ue-des devoirs et point de droits. Aussi, à chaque éYolution clu Droit, voit-on toujoms deux catégories d'hommes préférer la forme ancienne: les uns parce qu'ils savent ce qu'ils perdront a l'état nou.- yeau, et les autres parce qu':i,lsne savent pas ce qu'ils ont à y gagner. C'est ainsi que, pendant la RéYolution, les prêtres et les paysans del' Anjou se révoltèrent, les premiers pour continuer de pe.rcevoir la dîme, les second pom ne pas cesser de la payer. Cette force· d'hérédité du Droit est d'autant plus grande <1u'elle se rapproche davantage des formes primitives et que l'organisme social est moins compliqué. On peut même, aujour<l'hui, trouyer encore Qetrop nombreux prolongements de cette notion du Droit imposé, appliqués aux diverses institutions sociales. Airn,i, la double notion de châtiment du coupable et de vindicte publiciue à son égard n'ont pas encore disparu du conceptjuridique actue1,et cela,.non pas seulement dans les masses ignorantes, mais parmi ceux qni appliquent 1a loi ou en requièrent l'application, « an nom cle la vindicte publique » et pour le c châtiment du coupable ». Ces ~oaœpts intérieurs ne sont q1o1e des sunivaoces, de véritables
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