124 LA HEVUE SOCIALISTE REVUE DES 11.VRES ~ Le Prêt à intérêt dernière forme de !'Esclavage par V1,TOR MODESTE GUILLAUMIN ET C1•, éditeurs, 14, rue Richelie.,, Paris, prix 3 fr. 50. En présence du ~ouveau livre de Victor Modeste nous ne pouvons que manifester, à nouveau, notre pleine approbation. L'auteur de Prêt à intérêt, comb,i,t ses adversaires pied à pied. Il ne recule devant aucune objecttion, aucun sophisme; il les aborde les uns après les aufres et avec una clarté une vigueu,·, une logique irrésistibles, il les réduit à néant. Ce qu'il y a de plus remarquable dans ce livre d'économie politÎl.iue, où tout semblerait devoir être sec comme un chiffre, c'est que le sentimec.t y trouve aussi sa place. Certaines pages vous émeuvent tandis qu'on éprouve le plaisitintellectuel le plus vif, en lisant celles où se révèlent le savoir et le jugement de l'auteur. Tout en reconnaissant notre insuffisance, nous allons essayer, pour donner une idée du dernier livre de ce maitre en économie politique, d'en résumer quelques passages. Mais que choisir dans une œuvrn aussi remarquable où tout est également intéressant, où pas une ligne ne peut être lue sans profit, où pas une ne peut être négligée sans dommage? « Dans la première partie du livre se rangeront, dit l'auteur, les raisons de tout of'drequi concourent à démontrer que le prêt titre à onéreux, quelque forme qu'il révèle, est une transaction illégitime. Dans la seconde partie vieudront prendre place l'immense série des dommages matériels et moraux, économiques et politiques supportés du chef de cette erreur par dive1·ses classes de la population et qui atteignent même dans sa vitalité l'ensemble du corps social. « Le prêt à titre onéreux revêt diverses formes et prend divers noms : fermage, loyef', escompte, crédit, prêt d'argent à intérêt. « Dans le prêt à titrn onéreux, l'intérêt dépasse et de beaucoup ce qu'il comporte pour assurer la restitution intégrale de la chose prêtée. « Avec cet intérêt bénéfice le pràteur peut, ses biens entretenus, ses risques couverts, vivre toute sa vie sans nul travail lui et les siens; assurer la vie sans travail à toute sa d~scendance d'une façon indéfinie. » Avant d'entrer dans la discussion sur le prêt à intérêt l'auteur étudie les solutions antérieures qu'elle a pu recevoir dans l'Inde, en Egypte, en Grèce, à Rome, chez les Juifs, au moyen âge et dans les temps modernes. « A l'égard du prêt à intérêt, Moïse le regal'da comme étant tout à la fois un fait d'inhumanité de la part du préteur et pour l'emprunteur une cause de ruine. Il le permit vis-à-vis de l'étranger, c'était un acte hostile, mais i! l'interdit de la façon la plus e-xpresse vis-à-vis du concitoyen. « Le peuple Juif vécut sur le génie de son législateur et resta fidèle à son esprit. » « Au sein de l'économie politique, dit plus loin l'auteur, trois opinions distinctes se sont présentées au sujet du prêt à intérét. « L'une est celle de l'illégitimité du prêt à intérêt. Parmi ses champions, il faut citer dans l'antiquité Plutarque Cicéron, Sénèque, Aristote. Plus lard,
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