La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LE IIIOUVElllENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 119 L'agression bismarkienne continue aussi sur le terrain financi<1r. Après le Comptoir cl'Escompte, c'est l'établissement Cail dont on poursuit la ruine. Et, bien qu'intcrpellé, le gotIYernement se garde bien de contrecarrer hautement l'influence allemande et de prendre hardiment en main les intérêts bien plus sacrés de 3.000 ouvriers qui vivent de l'usine et que la liquidation mettrait au désespoir. En présence des agissements de ceux que Rouanet a si bien nommés « les Sans-patrie de l'Internationale jaune », l'abstention du gouvernement paraît incompréhensible. Son intervention officieuse ne suffit pas; avec le conseil municipal nous la demandons officielle et énergique. Mais qu'attendre d'un ministère dont l'état d'esprit s'est révélé si orléaniste pendant la grève des cocheJ'Set à propos de l'affair~ des houillères d'Auvergne - Devant l'annonce de la fermeture des mines de la Combelle et de Bouxhors et par conséquent de la mi ·ère d'un nombreux personnel, les sociali ·tes et la majorité dès raclicaux de ln Chambre voulaient que l'on ne laissàt pas :::.eperd1·edes gisements à l'exploitation desquels·.tant d'intérêts se rattachent. Il fallait purement et simplement ayiser la Compagnie concessionnaire qu'elle eût à continuer l'exploitation sous peine de déchéance immédiate. Or, M. Yves Guyot est venu nier le droit évident et légal consacré par l'art. 49 de la loi de 1810 et les articles 6 et 10 de la loi de 1838. Les mines sont concédées pour être exploitées; quand l'exploitation cesse, la concession prend fin; ce principe est absolu, et. les mines même cédées font encore partie du domaine national. Mais à quoi bon insister. Tout le monde peut deviner quelle sera dans les questions économiques et sociales l'attitude du gouvernement qui vient de composer le jury de l'Exposition chargé çledistribuer les récompenses à la section dite cl'Économiesociale en y intercalant des représentants des compagnies de Chemins de fer et de Petites Voitures, ou encore d'anciens directeurs des g·rands établissements industriels, et, pour couronner le tout, M. Leroy-Beaulieu Charles Laurent, Boyer, Cluseret, Gaillard du Vaucluse, Gaillard de l'Is ère, Pichon, Vaillant, Gustave Hubbard, Paul Strauss, Isaac, Blatin, Dr Robinet, Bourneville, Cattiaux, Clémenceau, Henri Maret, Camille Dreyfu s, Lissagaray, Chauvière, Albert Pétroi, Chautemps, Léon Donnat, Fourr ier, Faillet, Deville, Brissac, Jaclard, Barrois, Brialou, Réties, etc., etc., etc .. ... Ajoutons que le conseil municipal de Paris a promis son concours le plus e ntier à cette œuvre éminemment patriotique et humanitaire, qu'un nouveau manifeste va rendre sympathique à tous les Français. Nous espérons que les oboles vont affluer au siège du Comité, 8, rue des Martyrs. Et maintenant Crispi peut interdire à ses fonctionnaires le voyage à !'Exposition. Le peuple italien (notamment au congrès àe Naples) a désigné ses a mbassadeurs qui viendront apporter au peuple français des gages d·amitié fra ternelle et de paix. Vive l'Union latine!

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