La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

u;s GONl<'LUENTS DU SOCIALISm~ 7 toujours plus .de vérité, toujours plus de certitude. La recherche sincère, tellè est avant toute chose pourtant, en ce temps d'âpres conflits d'hommes et d'idées, le devoir de tous les émancipés. Chacun doit se plier à ce commandement ùe la destinée: « Tu seras le perpétuel travailleur de ton propre mérite » (1) et pouvoir se dire, avec un des plus nobles esprits de ce temps : u Nous aurons ces « grandes vertus du philosophe : l'amour de la vérité absolue, la a croyance a sa réalité et l'espérance de s'en rapprocher sans « cesse » (2). Hâtons-nous d'ajouter que ce devoir de libre recherche, de sincère examen ne saurait aller jusqu'à, la clispcn,ion des activités. L'Association pour la lutte est la rectification sociale de la Lutte pour la vie, cet.Leloi universelle du monde zoologique (mais noudu monde social, quoique prétendent certains darwinistes); nous ne saurions donc, sans manquer gravement, refuser notre participation aux actions collectives pour l'amélioration morale et la transformation sociale; mais nous pouvons être des fédét·és pou1· l'action dans un but déterminé, tout en cherchant toujours le mieux, tout en supportant courageusement la fatigue de l'idée YÎYanLo,en même tc111psqu<' la souffrance altruiste des peines de la terre. La libre recherche a des avantages d'un autre ordre. Vous n'éteindrez jamais la combattivité dans le cœur de l'homme. Si vous prétendez lui fermer lrs tournois de l'idée, elle s'exercera contre les individus. De la les médisances, les calomnies, les perfidies, les hostilités basses, les intrigues qui, non seulement rapetissent et dissolvent les partis, mais encore transforment les compétitions politiques en combats de sangliers, empoisonnent la vie sociale et enveniment toutes les relations humaines. Que cette combattivité puisse au contraire trouver son dérivatif dans les nobles luttes de la pensée, elle élèvera les cœurs au lieu de les abaisser, et purifiera les consciences au lieu de les corrompre et de les racornir, car, il est Yrai le Yieil axiôme: de la discussion naît la lumière; il ne s'agit que d'ètre de part et d'autre morleste et de bonne foi, ce qui est à la portée rle toutes les intelligences. Mais revenons. D'après ce qui précède, on peut avancer que les partis sont plus ou moins imparfaitement l'idée en acte, mais qu'ils ne sauraieut être toute l'idée en puissance. Au-dessus de tout parti doit toujours fiotter indisciplinée, irréductible, vivante, agissante, progressive, la flamboyante libre recherche en quête de lumières plus vives, de plus larges justices. (1) Eugène Pelletan : Profession de foi du x1x• siècle. (2) Alfred Fouillée : Syst~mesdemoralecontemporaine,

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