i.A VÉRITÉ SUR LES CHEi\fINS DE FER SERBES 735 Nous ayons dit que 'le roi Milan dut abanrlonner la Serbie par crainte cl'une explosion populaire. Lo roi parti et les ministi·es radicaux. installés, le calme et la tranquillité la plus profonde régnèrent dans le pays. Le parti politique austro-allemand qui aYait gouyerné penclant,lix ans, semblait s'êti'e évanoui. C'est qu'au fonù, sauf lC's meneurs, Gal'achanine et ses créatureR, le parti aufrichieu n'exist.ait pas: c'était une poignée de: faméliques ne se maintenant au pouYoir que par la pression de l'Autriche et les manœunes corrupt1·icC'sauxquelles le groupe de capitalistes français au senice clo l'Autriche aYait ùonné un essor inouï. Ces hommes disparus, il n'y eut plus qu'un seul parti en Serbie - le parti serbe, slaYo, représenté par le gouvemement et la Skoupt.china. Cet état <le choses était singulièrement préjudiciable à la politique allemande. M. Garachanino 1•ésolut de le troubler un peu. A cet effet, il convoqua une grande réunion de progressistes a Belgrade. Et comme les progressistes - ainsi sïnt.iLule le parti de l'étranger là-bas - sont difficiles a réunir, la Compagnie française rle chernius de fer organisa dos t1·ains spéciaux, pour transporter do tom; les points du pays ,lans la capitale, les partisans de la politique austeo-allemande. Quant aux aut1'es frais de voyage, M. <l-amchanine y pournlt ayec des florins autrichiens. On put réunir ainsi 2000 progPessistcs a Belgrade. Ils s'assem. blèrent au Casino, où l'ex-ministre du l'Oi Milan prononça un violent réquisitoire contre le parti radical. Pour mieux provoquer les patriotes serbes, la réunion était publique. Les patriotes présents prolcstèrent contre Garachanine. Une bagarre s'ensuiYit. L'ex-ministre affolé tira un coup de pistolet qui tua un jeune étudiant. On deYine l'émotion des patriotes. Le bruit se répandit dans Belgrade comme une traînée rle feu que les progressistes assassinaient les raùicaux, que M.Garachanine leur avait tenùu uu guet-apens. Les patriotes se ruèrent sur les progressistes et les honspillèl'ent. M. Garachanine courut de sérieux dangers et il fut sou,;trnit à une mort certaine par M. 'fauchanowitch, ministre clol'intérieur, qui le couvrit de son corps et l'emmena clans sa propre yoiture - générosité d'autant plus à l'éloge du ministre 1•aclicals01·be, qu'il arnit été lui-même conrlamné à mort sur les • pour,;uiles de Garachanine en 1883, et gràcié malgré ce dernier par le roi Milan. Ce qui semblerait prouver que M. Garachanine n'agissait pas à la légère et.qu'il s'attendait aux troubles que ses intC'mpérances de lan:;rage <lcnlient pt•oyoquer, c'est qu'on a appris de1mis, qu'au préalabl<', il ayaiL eu soin d'em·oyer toute sa famille a Semlin. Quoi qu'il en soit, les progressistes en furent quittes pour quel-
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