LA VÉRITÉ SUR LES CHEi\IINS DE FER SEl1BE:; 731 rl'hui retentie la presse de sa bruyante indignation, lui succéda (1). Les homme.' changèrent, mais l'œuvre dont Bontoux ayait jeté les bases se poursuiYit - comme on va Yoir, au profit de .la même politique - celle ckl'Autriche. Le raccordement des chemins de fer autrichiens ayec la ligne de Salonique et Constantinople p1·ésentait pour l'Autriche-Hongrie un mtérèt stratégique de premier Ol'(lt·e.L'intérêt commercial n'était pas moindt·e. Au cours des négociations engagées entre M. Bontoux et le gom·emement se1·be,un groupe de capitalistes anglais s'était présenté; mais lem·s offres ne cadraient pas avec les projets comme1·ciaux de l'Auh'iche. Ceux-ci, en effet, proposaient de commencer les constructions par Salonique, la ligne de Nisch à Belgeade <levant êtl'e consteuiLe la demière. Si ce plan d'éxécution eût été adopté, la première Yoie ferrée commerciale s'ouYl'ai ç en Se1·biepar l 'Archipel et les marchanclises pouvaient pénétrer clans l'intérieur pa1·SaIonique, sans recourir aux lignes austro-allemanùes. Le projet anglais était confo1·meaux intérêts cle la France et de la Russie: il ajournait la pénétration des produits allemands en Serbie jusqu'à l'om·erture de la ligne de Belgeade et permettait, pendant ce temps, aux commerçants anglais et français cle s'y implantei·. M.Bontoux le reconnaît lui-même; « Cet agent (anglais), « dit-il, ne voulait pas, comme les russes, empêcher le chemin de cc fee,oh non! mais il Yonlait le faire à reboues, en commençant par « la fin. Il fallait que les cotonnades et la quincaillerie anglaises « pussent arriver en Serbie, venant de Salonique var voie fe1-rée, << avant que les produits autricMens et allemands pussent y arriver en « venant du Nord; il fallait commencer la construction à Vrania et « non pas à Belgrade (2). »Certainement! car la Yoie ferrée de Salonique n'eût pas seulement ouyert la Serbie aux marchandises anglaises, mais encore aux. marchandises françaises partant de Marseille. La Compagnie de com;truction actuelle, entrant entièrement dans les vues commerciales austro-alleman<les, commença le raccordement du côté de l'AuLriche et Ile 24 septembre 1884 la ligne de Belgrade àNisch, longue de 244 kilomètres, était liuee à l'exploitation, c'est-à-dire aux produits austro-allemanrls. Taudis que deux ans avaient suffi pour cette construction la plus impot'tante, celle (1) Nommer les membres du conseil d'administration de cette société suffit : vrés,dent, Hentsch; membres : Bérard, baron <le Bourgoiog, marquis de Flers, Gibert, Girud, H. Goldscbmi,lt, baron Samuel de Hahn, Julian Klaczko, Laveissière, Monchicourt, marquis de Piennes, Arnold Rappaport, de Julien et Auguste de Skene. (2) Bontoux, loco .;itato, p. 68.
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