La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA VÉRITÉ SUI\ LES CHEmNS DE FER SERBES 7~0 l'exécuteur des basses œuvres austro-allemandes, jusqu'à. ce qu'enfin, en 1888, une majorité formidable de radicaux fut nommée a la Skouptchina. En yain, Milan et Garachanine prétendirent qu'il y avait maldonne, firent réélire une seconde assemblée : la nom·elle Skouptchina fut encore plus radicalement anti-autrichienne que la pl'écédente et Milan, redoutant une explosion, dut céder. Les vaincus de Zaïtchar rentrèrent, furent appelés au ministère, leurs amis investis des plus hautes fonctions. Milan, en même temps, préYoyant que toute résistance au-courant national anti-autrichien le mettrait en danger, et ne pouvant gouYemer avec des ministl'es qu'il avait condamnés a mort, donna sa démission, il abdiqua. Les hommes d'Etat qui sont aujourd'hui a la tète du pouvoir en Serbie ont donc derrièl'e eux une canière politique et patriotique glorieuse, qui clernit le:-;mettre à l'abri des suspicions de la presse républicaine française. Les personnalités des régents ne sont guère sympathiques, j'en comiens. M. Ristitch n'a jamais cessé de louyoyer entre l'influence autrichienne et l'influence russe. Protitch a joué, auprès du roi Milan, un rôle peu em·iable : il a été le mari complaisant de sa femme, c'est tout dire. BelimarkoYitch: le t1·oisième régent, est un militai1·e insignifiant. Mais il ne faut pas oublier que la Régence a été instituée pa1·le roi i\Iilan, dans la 1>enséequ'elle pourrait contrebalancer l'influence cles ministres et de la majorité radicale de la Skouptchina, entièrement acquis a l'influence franco-msse. D'ailleurs, des renseignements publies pat· l'agence HaYas, il résulte que jusqu'à la dernière heure, Ristitch a été opposé a la reprise des chemins ,le fer par l'Etat. Ce sont donc bien les ministres radicaux, les représentants légitimes clu nationalisme slaYe, des hommes qui ont lutté et souffeet pour arracher lem· pays a la domination autrichienne, ce sont ces hommes, dis-je, qui ont assumé lare ponsabilité de la mesure qui a frappé la Compagnie des chemins de fer serbes. Maintenant que le caractère politique du gouyernement actuel de Belgracle a été établi, passons a l'examen des conùitions dans lesquelles les chemins rie fer ont été construits. III Voici comment M. Bontoux., dans le line sur l'Union générale, allemands de la presqu'lle des Balkans, tiraient à peine à 800, les journaux radicaux ou socialistes tiraient à 6.000 exernvlail'es. Jusque dans la plu!! humble bourgade, le journal Odjek avait des abonnés. Les paysans, en passant devant le sous-préfet, dépliaient gravement leur journal radical, qu'ils lisaient ... à l'envers.

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