LE DROIT DES MINORITÉS ÈLECTORALES 715 politiques, ou les inclivirlus sollicit.e1·aient les sullrages exactement comme aujourd'hui. La liberté de leurs mouvements et de lem· propaganrle rleYiendi·ait mème beaucoup plus complète. Ceux qui sont l'elati-rnmenL faibles n'auraient plus besoin, en effet, de cbe1·cher à s'assure1· le succès au moyen de coalitions e1it1·eopinions différentes, puisqu'il ne lem· serait plus nécessait"e tl'atteilllh'e ayant tout la majorité absolue on relaiiYe et qu'ils sauraient qu'à la répa1·tition des sièges, chaque liste obtiendrait sa quote pai·t légitime. Les groupes s'organisemient ainsi librement, se multipliant ou se réduisant au gH; des opinions ou des intérèis. Les seules formalités qu'il serait in,lispensable 1l'ex.igerpour fayorise1· les opé1·ations du dépouillement, fo1·maliiés bien simples du reste et bien faibles à accomplir, seraient celles-ci : Chac1ue liste d'abord, qu'elle fût l'œun-e d'un g1·oupe ou 1l'une initiaiiYe irnliYiùuelle, clen·ait être déposée an chef-lieu cle la ci1·consci·iption électorale, au moins vingt-quat1·e heures ayant l'ouYerture du scrutiu, afln qu'en lui donnant un numéro d'o1·d1·e,on puisse lui constituer une persounalité électorale; il faudrait ensuite que chacune <leslistes, ainsi disposée, pol'Lùtla signature authentique <letous ses candidats, pom· que l'on sache bien d'ayauce quelle est la liste, c'est-à-dirn quelle est l'opinion a lar1u<'llechaque candidat entend résene1· le bénéfice des sufft·ages <1n'il pou1Tait obteuit·. Cette clemière précaution rnettt'ait, en outre, les électeurs à l'abri cle la plupart de ces équivoques fclcheuses au moyen <lesquelles on les trompe si souYent encore. C'est seulement en matière Ile dépouillement que l'innovation cleviendrnit a;;sez sensible, sans p1·ésentet· toutefois, comme on va le voir, de gran<les complications. Dans chaque bureau électoi-al, il.;r aurait une double opél'ation qui ne demanderait du reste que peu de temps pour la menei· ù. bien. On c:ompterait cl'abortl bien entendu, comme aujourd'hui, le ;;uffeage obtenu pat· chaque candi<lat. Mais il faudt·ait emmite additionner les sufl"t•agesobtenus par tous les candidats d'une même liste, <lemanière à obtenir le chif{1·e électoral <le chaque liste. Pour les listes dites panachées, c'est-à-dire celles qui, plus ou moins manuscrites, po1·teraient en même temps des candidats appai-tenant à <leslistes différente::;, il n'y aurait aucune difficulté. Les suŒragcs ainsi obtenus seraient natm·ellement comptés tout d'abord au candidat, puis ensuite additionnés au chiffre électo1·al de la liste à laquelle ce candidat aurait pl'éalablement adhéré par sa signature. Ces opérations acheYées et leurs résultats réunis au bureau centt·al du chef-lieu, qucll1uesbrèYcsadditions suffiraient pour établir en même temps et le chiffre électoral définitif de chaque liste et le total des suffrages obtenus pa1· chaque candidat, total qui permettrait de lui assigner immédiatement le rang auquel il aurait droit. sur la liste a laquelle il appartiendrait.
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