L'ÉGALITÉ DES SEXES 693 clave de l'homme; tandis qu'au contraire plus on se rapproche rles temps modernes, plus l'on monte l'échelle des sociétés, plus on l'l'C01mait que la. femme gagne d'in<lépendance et de <lroits. Le nornb1·ede dl'Oits, le degré d'émancipation clela femme est en raison de la ciYilisation <lela société dans laquelle elle vit. Tout. nous porte doue à croiee que l'in<lépewlauce absolue, c1ue l'émancipation complète de la femme n"est qu'une affaire <letemps. Eu attendant, continuons de l'étudier et cherchons à Yoir si elle est intellectuellement inférieure, égale ou supérieure à l'homme. Proudhon, qui a été un des plus haineux adYCrsaires de l'égalité des sexes, affirme que la femme est intellectuellement inférieme à l'homme. Cette inféeiorité dit-il est quantitati,·e et <1nalitatiYe, elle porte sur la quantité du produit parce que la fo1·cc physic1ue n'est pas moins néce::,saire au traYail de la pensée qu'à celui des nrnscles et que, pat· conséquent, sauf le cas de maladie, la pensée, en tout être YÎYant est proportionnelle à la fo1·ce. Il est pondant facile Je dire que jusqu'a présent l'expérience <lémontre le contt·aire, et que ce ne sont ni les peuples les plus geants ni les hommes l0s pins robustes c1uiont été les plus sayants. Au contrni1·e, les peuples ciYilisés sonLphysiquement infé1·ieurs aux. autres et. les gn1.ndes inlelligences sont rarement log-ées<lans de gean<ls co1·ps. Toutefois, nous tenons compte <lela part ,!'influences qu'une bonne éducation physique ex.e1·ce sm· le déYeloppemeut, la santé des facultés phy~iques, intellectuelles et m0t·ales. Mais nous sommes aussi connlincus que malg1·é l'éLlucatiou physi<11iela plus pedectionnée, les foeces physiques <leshommes s'affaiblieont en 1·aisou<lu déYeloppement de leur·s fo1·ces intellectuelles et morales. Le travail intellectuel attire <le,plus en plus le sang au ce1·yeau, au proOt de celui-ci et <leses facullés, et au détriment de t.outes les aut1"esactiYités et fonctions ôrganiques. Or, nrn,lgeé la meilleui·e hygiène, malgré le meilleur régime, malgré la meilleure éducation physique et morale, les fo1•cesphysiques ne peU\·ent se <léYelopperparallèlement aux. forces morales, puisque les unes se déYel'lppent pour ainsi dire, au ùéti·iment <lesau tees, puisque l'hyperti·opbie rles unes implique pre:que forcément l'atrophie des auti·es. L'espèce humaine n'est pas comme on le 1n·éten<l,à tort, indéfiniment pe1·fectible. Il arriYera cedainement une époque où l'équilibre qui préside aux fonctions oeganiques du corps sera rompu. Cet.te époque marquera le point limite de perfectionnement, cl'élérntion intellectuelle, morale et sociale des hommes et de l'humanité. C'est donc, à tort, que Proudhon a dit que la pensée est proportionnelle à la force, et ce n'est pas de l'infériorité quantitatiYe des forces physiques de la femme que dérirn son infériorité intellectuelle, s'il y a infériorité. Plus loin, Proudhon eaisonne ainsi : « La
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