DE LA PROPRIÉTÉ COLLECTIVE 651 saire de bien analyser l'idée que ce mot de propriété présente à notre esprit; la notion de propriété étant assez complexe, il faut la décomposer en ses idées élémentaires. Dans son application a la tei-re, le droit de propriété compl'end essentiellement les quatre clt-oitssuirnnts: droits de libre disposit.ion, droit d'exclusion, droit d'accession, droit. de rente. Enleyez à la propriété un de ces droits, elle n'aura pas cessé d'exister, mais elle sera incomplète, restreinte ; enlevez-les tous les quatre, et il n'y aura plus propriété. Droit de libre dispositi·on. C'est ce que les Romains appelaient le droit d'user et d'abusei·, jus utendi et abutendi. Il ernpol'te le droit de détérioration de la chose, d'anéantissement même. C'est en yeJ'tu de ce droit que le propriétaire peut laisser sa tert·e en friche, transformer une forêt en peaü·ie, un champ en bruyèl'e, une te1·re fertile en désert, suiYaut son caprice. De même, il peut émietter sa p1·0peiét.é en autant ,le moeceaux qu'il lui plaît, en parcelles microscopiques. Eh bien, ce droit de libre disposition sui- la terre, nous ne pouYons en aucune façon le reconnaitre à un particulier. Est-ce à dil'e que nous le 1·econnaissons a la collecfo·ité sociale? D'une manière complète, non. Expliquons-nous : La société elle-même, a un moment donné, ne peut ayoir le droit d'anéantir les tei-l'es arables ou même ,le les laisser en friche, cal' ce serait léser le droit de,-;générations a Yenir. Donc, ce droit de libre disposition, nous ne pournns le réclamer que pa1·tiellement pour la société elle-même. Ainsi la société deHait ayoir le droit de décider que telle partie ilu sol est destinée aux forêts, telle autre aux p1·ai1·ics,telle auti-e aux Yignobles, telle autre à l'agriculture, ~auf ù laisser ensuite aux inclivitlus la faculté de décider que dans ces quatre <liYisionstelle partie co1nient mieux à telle sorte d'arbres !or.qu'il s'agit de forêts, à telles céréales s'il s'agit de sol arable, etc. Droit d'exclusion. La notion de propriété emporte l'idée que lo propriétaire a sur la te1·re le droit d'exclure les autres de toute co-paL'ticipation, de toute part à la prop1·iété; elle entraîne l'idée de monopole et. d'accaparement. Ce droit ,l'exclusion, nous ne pouYons non plus l'admettre pour les particuliers; nous ne pouyous l'a,lmeUre que pour la collectivité sociale, parce qu'entee ses mains ce drnit exclusif deYient tout simplement l'inaliénabilité du sol, la nonappropriation incliYiduelle, l'empêchement cle reconstituer la propriété foncière indiYicluelle. • L'indiYidu ne peut aYoir de droit exclusif que sur le produit de son propre traYail; la terre, n'étant le produit du traYail d'aucun homme, ne peut être prop1·iétépersonnelle. Mais ici nous préYoyons nue oujeciion qu'on ne manquera pas de fail'c. Ne yoyez-vous pas,
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