La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

ESSAI sun LE SOCIALISME SCIENTIFIQUE 63 rons jamais jouir dans l'organisation future. C'est pour lem· montrer la stupidité de cét argument et leur raire sentir la différence riui existe entre une société capitaliste dans laquelle il :r a des millionnaires et <lesmourts-<le-faim, clans laquelle une infime minorité cl'in- <liYiclusrlispose des richesses sociales aux dépens clc la majorité et lui impose se· conclitious, et une organisation sociale où nul n'aura le drnit ni les moyens d'acheter la libe1-té rie son semblable, les citoyens étant tous économiquC'ment (,gaux. . c·est, en un mot, pour leur faire toucher clu doigt l'avantage qui résultera. <l'une .·ociPté collcdi.-iste pom· chaque citoyen, au point do Yue de la libei-té sul'lout. Or, le mot le plus typiqm' et le plus cai·actéri ·tique qui conrlamno irrévocablement la société aduclle an point <le me cle sa. liberté, a été clit dans le clern ier meeting des oun·icrs sans tran1il cle Trafalgar-Square a Lon<lres, il). a a peine quC'lques mois. Une députation <le>manifestants se présentant a la police, celui qui arnit été chargé cle prenclre la parole, <lit au magistrnt après HYoir exposé la situation : « Nous demandons trois mois de prison pour chacun de nous. » Ent.enclez-Yous, messieurs les économiste::;bourgeois I la. liberté de Yotre société est tellerneut ai(,ra,raute que de::;hommes libre: dcman- <lent, comme une griice, à ètre mis en prisou. Qu',n-ez-You • a. r6pondre à cela? Et ne ci-oyez pas que cc fait, quoique collectif, soit i::1olé. On est reuYei-::1léorsque l'ou apprend que tlo::1condamnés en police correctionnelle à des peines iu::;iguifiantes, font appel closjugemeut::; qui les condamnent pour YOir lent' peine aggravée. Combien d'autres se linent a. des a.et.osdélictueux dans le but de se faire mettre en p1·ison? Uu fait étonnant llOce goure est celui ,le cet Alsacien qui, rlernièrement, se Yoyait cornla.mnc>ren police conectionnclle à deux mois !le prison, tandis qu'il s'attendait à être conrlamné à dc>ux.ans do <létention, et qui, s'aclressanL aux juges, les priait do lo coudarnner à cette peine, parce que, disait-il, s'ils ne le fa.isaiout pas, il se verrait forcé de les insulter pom· Pn aniYer la. C'est <l'ailleurs ce qu'il fit sur le refus des juges, et grü.ce a une grossièi-e injure, il se vit appliquer la peine qu'il demandait. Mais le fait le plus nawant est celui du nommé Jfan Va.ton, jugé il ra. peu de temps, par le ti-ibuna.l cle Marseille. Il était prévenu d'ayoi1· tenté rle Yoler une caïsse de bouteilles vi<les.Le p1·èsi<lentlui clemanclepourr1uoi il a voulu Yoler. - Pour me faire mettre dedans, répond Va.ton en sanglotant. Je ne Yonlais pas emporter la caisse, je ne le pomajs pas d'ailleurs, car je suis malade et épuisé. Mais je me suis dit : - Ou te mettra en prison où

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