La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

DE LA PROPI\JÉTÉ COLLECTIVE 619 deux précédentes. Avec les deux systèmes que nous Yenons d'examiner, il y a toujours aliénation du sol a un ou plusieurs groupes; avec celui dont nous allons parler, il y a inaliénabilité du sol. Partant de ce fait que le sol est, direct.ement ou indirectement, la source passim de toutes les richesses, les partisans de ce dernier système craignent que la propriét.é foncière clans les mains de l'ensemble des groupes agricoles on dans les mains d'associations distinctes, mais entre lesquelles une coalisation est facile a établir, ne constitue un monopole dangereux. pour le reste <lela société. - Supposons, disent-ils, que la terre n'est habitée que par deux familles, dont l'une possède tout le sol, tandis que l'autre en est déshél'itée; n'u;t-il pas clair que la famille propriétaire, ayant a sa disposition la som·ce pe1·manente de toutes les richesses mobilières et immobilièt·es, pourra au besoin se passer des services de la famille non-pt·opriétaire, tandis que cette dernière, n'ayant a sa disposition que clescapitaux. qui disparaissent par l'usage, ne pourra se passer que pendant très peu de temps du sol ou des produits qui en sortent; et ne peut-on pas Llire, dès lors, que la famille propriétaire tient. en main le sort de celle qui n'a aucune pat·t an sol? Or, remplacez nos deux familles pae deux classes,celle des c.ulhrnteurs pt·opriétaires et celle des tranilleurs restés en dehors de la propt·iét.è fonciè1·e,et Y0us aurez, par rapport a ces cieux classes, la mème situation que nous aYions par rappo1·t a nos deux familles. A cela on répond que si le trarnilleur industriel a besoin des produits <le l'agriculteur, celui-ci en revanche a besoin des produits que lui fournit le trarnilleur industriel, c'est-a-dire des Yêtements, des meubles, des outils, etc. Mais on réplique que le propriétairecultiYateur, une fois muni d'outils, de Yêtements, de meubles, etc., pE)utau besoin se passer toute sa Yie de les renouYeler. tandis que le travailleur industt·iel ne peut se passer un seul jour des produits de la terre; de plus ajoute-t-on pour la confection même de ces outils, vêtements et autres objets utiles a l'agriculteur, le traYailleur industriel dépend cléja de celui qui clétien-tla matiè1·e première absolument indispensable de ces objets, c'est-a-dire le ml. En partant de cet ordre d'idées, on est porté a conclure que le domaine éminent sm· le sol denait être attribué a la société entière (nation, puis confédération de nat.ions), sous la gestion soit de l'Etat soit de la commune; puis que la ·concession du sol den·ait êt.re faite aux cliYersesassociations agriaoles, en assurant. a ces associations le dl'Oit au produit de leur trarnil et le droit a la plus-ntlue qu'elles auront donné au sol, mais moyennant certaines garanties données a la société, par exemple des garanties relatiYes au mode de culture, au prix de Yent.e<lesproduits, etc, De cette manière, les associations agricoles n'auraient plus que la 42

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