La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

ESSAI SUR LE SOCIALISME SCIENTIFIQUE 61 Laissez condamner ces malheureux comme ntgaboll(ls s'ils n'ont pas <lelogis pour passer la nuit. Voilà ce (]_nesignifie le laissez faire, laissez passer ries bonrgec,is. C'est cette rnème liberté bourgeoise qui fait que les paysans roumains se rérnltent aujomrl'hui. En 1864, la loi agraire qui abolissait le Rè_glernent oi·ganique. affranchissait les paysans roumains et les rléliuait cle la conée et de l,1dime légales. 01·, cette prétendue liberté qni leur a été accordér a sensiblement agg-ra,:é leur sihiation, car ne poun111tse passe1· de la terre <le.· « boyar<ls »ou granrls propriétaires, ils sont forcés de subir leurs contlitions. Les boyanls n'étant pas, comme ant1·efois, limités dans leur rapacité par une loi, out tellement charg-élrs pa)·sans que c~ux-ci fatigués, se sont rérnltés et réclament à grands Cl'is l'an-. cien régime, c'est-à-dire, la condition qui leur était faite axant la loi ,le 1864, an1.11tleur affranchissement. Ils préfèrent ètre conéables de par la loi, que d'ètre libres et a la merci des bo,ranls. Mais reYenons aux prolétaires d'irnlustrie, et examinons les ehoses 1lans leur réalité. Si nous pénét.1·O11dsaus les n1ines, ,lans les usines, dans les labri ques, que YO,rons-nous? « Des milliers d'ou\-riers entassés rlans ces bagnes, sont. organisés militairement, traités comme ries solrlats industriels; ils sont. placés sons la sun-eillance d"une hiél'archie complète d'offlci01·set de sousofliciers. Ils ne sout pas seulenwnt les esclarns <le la dasse bourgeoise, du gom·eruemeut bourgeois, mais encore joumellement et a toute heure, les esdaves de la machine, rlu conti·e mai1 L'e et surtout rlu maître de la fabrique. Ce despotisme est. <l'antanl plus sor<lide. plus horrible et plus exaspérant. qu'il prencl ouYerte111entle profit pour but unique. » En dehors <lel'_a(elier, l'ouniPr est-il libre au moins rle faire ce qu'il Yeul-comme l<'Sautres citoyens? P:iint. ffun côté on nous rlit que les fameux D1·oit.sde l'Homme garantissentit tout citoyen la libel'té de conscience, et de l'auti·e,le. ministres du haut ,le la tribune, donnent raison aux Chagot qui contraignent leurs ouniers a aller à la messe. Si le législateur bourgeois, dans l'intérêt rle sa réélection, formule une petite loi en f'ayeur rles prolétail'es, le pateon est là pour opposer son veto et rernlre nulle la loi Yotée au Pal'lement. Qui ne se sonYient rle cette fameuse loi sur les s,rrnli<.;atspro(essionnels? Pendant que le mi11ist1·e,Valdock-Ronsseau exaltait les bienfaits qu'elle allait répandre et engageait les otn-riers à se s.ru- <liquer, les hauti barons de la finance, les Casimir Périer, les Chabaurl-Lat.our et antres propriétaires ou actionnaires des mines

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