La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

J.F.~ POURJJ:Rfl6TF.8 .U'X 1~1'.\1'1,!•USl!'I 6ô~ sociale, il faut la découvrir, il faut la <léflnir: c'est ce que Poul'ier a cherché à faire. Qu'est-ce, eu <léfinitiYe,qu'un socialisme qui, au lieu ile rechercher les moyens d'assurer l'existence du peuple par des institut.ions bien (léflnies, n'a rien à proposer au peuple que la 1·érnlte? En proposant l'association dn cat)ita.l, du traY,til et ilu talent dans la commune, Fourier clemandait l'affectation cle tout le te1·roi1·de cette commune : terres, prairies, bois, a l'exploitation soeiétaire. Toutes les propriétés dernient être conrnrti es eu action:,;, l'exploitation deyeuait collective; elle ètait fàite pa.1·les habitants 111èmes, s'unissant en gl'Oupes et exploitant., volontairement, telle b1>;tnche de culture on <l'i1Hlustriesous la di1·ection de chefs de lem· choix, car l'industrie, elle aussi, devenait :sociétaire; tous les trayaux s'exerçaient en a::;sociationsous un régimeabsolument dé1nocrntique. Fourier J)l'étenrl que le bonheur social sera possible, <lès qu'on sortira clu régime indiYidualiste dans lequel les sociétés sont ,·estées jusqu'ici, et que l'on consentira a passer de ce 1·ègimed'exploitation morcelée, antagoniste et confuse, au régime cl'association (les personnes pam-res et riches, dans toutes les fonctions et <l:insto~1sles profits agricoles, inclustriels et domestiques. Assm·ant d'abord le minimum cle :mbsistance aux faibles et aux impuissants de toute catégorie, il accor,le ensuite a tout producteur une rémunération propo1·tionnée au tran,il et aux senices rendus par chacun, puis un partage rlans les plus-yalue,; ou bénéfices, partage proportionnel a J'éyaluation du concours. La théorie de Fouriel' est moins précise sur ce point que je ne l'in(lique ici; mais ce que j'en di,; ne s'en déduit pas moins de cette théorie, si on l'examine en dehors des spéculations passionnelles dont il l'a entourée, spéculations idéales, ne t.enant pas compte des réalités de la nature et qui, sans doute, ont été cause de l'impuissance de l'école sociétai1·e a rien fonde!'. Mais je n'enYisage ici la théorie de Fourier que pom· ce qu·on en peut déduire <lepositif. Fourier dit que les hommes aspil'ent au bonheur, 4.ue ce bonheur ne peut se trouyei• que dans des ·avantages mutuels que les hommes sont aptes a se donner les uns aux autres, Il place l'habitation saine et agréable au rang des premières condit.ions du bonheur humain, dan::;les sociétés avancées. Il démontre l'incohérence et la confusion des maisons et des rues dans les villages et les villes; l'absence d'alignement, le manque de vues d'ensemble et d'esprit économique dans les ·relations; les incommodités, les incom·énients qui résultent de dispositions aussi imprévoyantes. Ce tohu-bohu du village réclame une réforme architecturale. L'associati?n agricole et industrielle que Fourier donne comme

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