LES FOURIERISTES AUX ÉTATS-UNIS 603 ouwagc de critique et de polémique qui n'a rien ajouté à sa théorie. Pour lire avec fruit les ou\Tages de Fourier, il faut faire une part à sa critique négative de la ciYilisation, distinguer ensuite les principes <l'OJ'ganisationsociale politique qu'il donne, puis savoil' dégageL· ces principes de la théorie passionnelle idéale dont Fourier les a entourés. J'ai fait ce tL-availdans mou Yolume: « Soluti"onssociales,'>; j'y ai exposé la théoL·ieprntic1ue<leFomier, je n'ai donc pas à le renouYeler ici. Il me pa1·ait uéanmoi ns nécessaiL·ede donner les pfincipes fondamentaux des propre· idées <leFourieL·. D'après lui, les droits que l'homme possède lol'qu'il est a l'êtat primitif ou sauvage, avant l'étabiissement de la propriété incliYicluelle sur les choses du domaine naturel, sont : La cueillette des fruits de toutes sortes, La chasse, La pêche, La pàture . et le YOlextérieur. Je ne puis laisser passer cette ,lernière expression sans protester de suite contL-eelle. Le YOln'est jamais un droit: il est tout simplement la possibilité d'enfreindre le ch-oitdes autres. Il est étrange qu'au rang de ces droits primitifs, Fourier ait oublié d'énumérer l'abri. Dans l'état de natm·e, l'homme peut manger les fruits qu'il tl'Ouve sur la terre et sur les arbres; il peut tuer, dépouiller l'animal qu'il rencontre, manger sa chair, se Yêtir de sa fouri-ure et de sa peau, faire paître les troupeaux qu'il appriYoise et se construire un abri partout où il le juge à propos : Yoilà les premiers droits de l'être h1Ùnain. Les hommes se mettent en société en Yue d'améliorer l'exercice rle ces droits et non de les pel'dre; ce n'est que par une violation <ln droit p1·imitifque ces dl'oits peuYc1it.être ravis à l'homme. La thëo1·ieou le plan ,le FouL·ie1c· onsiste a mainteniL· à la peL·- sonnc humaine l'éq uiYalencc de ses th-oits naturels, c'est-à-dire la satisfaction de ses besoins. Ce qui ya droit au cœur dans la conception de Fourier, c'est qu'il prétend que la société peut et doit réaliser le bonheur universel, le bonheur de toute créaLui-ehumaine sans exception. Le but poursuivi par Fourier est admirable d"an1pleur,mais il est à regretter qu'en cherchant les lois basces sur les besoins, les attractions et les passions de la nature humaine, il se soit égaré dans l'étude même des passions et dans le rôle qu'il leur attribue socialement. i_.;l'igeantson système sm· un principe enoné, il a obscurci le côté naiment prntique de ses conceptions.
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