LECTURES ET REMARQUES 597 tiYe pour se procurer quelques distractions après lesquelles il soupirait pernlant tout. le mois. Il est fo1·céde contracter un crédit qu'il serait di((1cile cle lirnite1·. C'est là la pente qui le conduit directement à la gêne, aux clettes, à la misère, a l'air clf>dire not.re économiste catholique, et il a rnison. Nous admettons pleinement sa c1·itique. Oui. c'est bien cela, à peu• près, un fidèle tableau cle l'état social actuel que nous ont créé l'indivicluali<.:nwirnlust1·iel, son déYeloppernent, les p1·ogrès de la machine. Ce mam,tis état social ne fe1·a qu'empirer et ce ne sont pas les réfo1·mes que réclame M. Ui·bain Guéi-in qui le transfol'lnernnt, je clirai même qui peuyent l'anH~lio1·erpou1· longtemps. Cedes! nous ne c:;ontestonspas <1ue,parmi les 1·éfo1·111yeuse 1·èclame noti-e réformiste catholique, il n',\" en ait pas <1ui,appliquées immédiatement, n'amélio1·erai(,nt pas la société, mais nous sommes conyaincu que cette amélioration, YUles principes économiques que nous ayons, ne ::;e1·aitque tPmporaire, <lepeu cle durée; car ce qu'il faut modifie1· profondément c'est. la hase même des institutions sociales. 01·, les 1'éf'ormes que demande le c1'itique admfrable que nous Yenons cle citer, ne touchent en t·ien aux J)l'incipes économiques de la société, <1uiseuls, sont cause 1k la Li-iste situation sociale des traxailleurs. En effet,ce n'est pas le t'elon1·aux croyancc?srcligieuses,la création cl'une loi exécut.ive sur Je::;contre-mait1·es séducteurs, cl'une loi sur la recherche de la paternité; la création <lecaisse!'-cle rett·aites, la suppression du trayail <lenuit pour les femmes, l'assurance obligat.oire pour tous les teaYaillcurs, qui amélioreraient beaucoup la situation <lestrarnilleurs. Même la limitation cle la pro<luction (1) si elle ètait possible ne serait qu'un palliatif c?nregal'rl (les remèdes que nécessite la société. Il faut frappe1· bien plus protonclément et snr un terrain beau<;oupplus lal'ge pour <;hanget· les malheureuses conditions sociales des travailleues et pom· éle·,et· lem· niyeau intellectuel et moral. Le remède est dans l'expropriation, par l'État, clu sol, cle la propriété, <les immeubles, des banques, chemin.· de fer et de tous les engins de productiou, au bénéfice de tous ceux qui p1·ocluisent. On doit commencer par l'expropriation des grandes usines, des mines, ùes banques et des chemins de fer ; la propriété reùendra peu à peu à la société par la suppression complète de l'héritage. En somme ce n'est que pal' la socialisation gracluelle de toutes les forces, de toutes les richesses que l'on pourra créer un 1ürnau égalitaire, donner à tous les mêmes conditions d'existence. (1) La limitation de la production est une chimère en régime de concurrence. Et puis la société n'est jamais assez riche, tandis que le dénuement est le triste lot à'un si grand nombre de ses membres. Ce qu'il faut changer c'est le mode de répartition. •
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