586 LA REVUE SOCIALISTE Quo faut-il pour 1·éduire le temps de la journée cletravail l - Rirn auti-c chose qu'une simple loi. Sans i11.-or)uei·l'excmplo ,le l'Anglet<>J'J'e,<lol'Amérique, <le la Suisse, ni des autres nations qui ont 1·èglementé le travail, il suffit do 1·appcler, <1uelégifé1·cr sur ce point, ne serait pas chez nous tout à fait une nouyeautè: Le gouYemoment proyisoil·o <le 1848 ayant dèjà 1·endn un dèm·et yui limitait, la jom·uèe à dix hem-es. Il est vnü quo Louis apoléon Bonaparte ne üu·da pas à laissee tomber en üésuètwlo c<' décret, qui déplaisait à la .Juiw•1·ieirnlusb·ielle. Il n'y a pas lieu, non plus d'obj('cter, quo toucher à la <1ucstion ,los heures <letrayail, c'est at.tenlPl' à la liberté indiYiduello des ouYric1·saussi biPn que des patrons. On sait ce que Yalent, cos protestations, qui renl1·ont dam; los p1·océdés <l'aqi;urncntation de l'économie politique oflicicllo. Il est bit>ncertain ('Il tout cas, quo si le:-;ouYricrs a<lultes pouYaient mor1ifiet· eux.-mêrncs l<'sconditions <let1•ayail qui leur sont imposées et dont ils se plaignent à just(' tit l'<', ils no s'amuse1·aicnt pas à <lemander l'assistance du gonYernPrncul. Donc, la premièt·o partie ùe la réclamation ounièro, pou1Tait 1·oceYoirasspz facilement. uno solution. Mais, à cette première pa1·tio est joint cc corrollail'e: « établissement d'un salaire minimum. » - C'est là, que gît la vic1Te J'achoppPmout. Pourtant, cc co1·ollafro \ë1 ùe soi, cai· s'il est rolatiYement facile <lodiminuer le nombre de:-;h0ures <letr1-wail, il est beaucoup moins commoflc do diminuer la quantité d'aliments, irn1ispensablo à maintonil' la machine humaine en ùon état. de fonctionnement. J)onc,cetto fo1·mule: «réduction des heures de travail» amène fo1•cément cette autt-o formuh': << salaire minimum; ou prix de séries obli"gatoires ». Les ùeux formules ré<luites à leur plus simple cxprcssion,peuYont se 1·ésumer à leur tour dans ce simple énoncé: << intervention de l'Etat» c'est-à-dire démolition complète du << laissez-faire». Inutile, croyons-nous, <ledémontrer qu'aucun gom·ernemont oppol'tuniste ou radical, que, ni la Charnù1·eactuelle, ni le Sénat, ni le Président <lela République ne monti-eraient aucune espèce d'enthousiasme, à accueillii; des reYendications qui sous une appa1·encc 1mo<linen, e yont rien moins, qu'à ùo1me1·unvigoureux cl'Oc-en-jambe à tout. ce quo préconise le système économique eu Yigueur. Nous ne fo1•ous pas, un soul instant, aux délégués, l'injure de croire qu'ils ne s'étaient pas rendu compte de l'étenùue de leur programme. Ce que nous leur reprochons, c'est ùe n'ayoir pas arboré cai·rérnent le principe si clail· qu'ils avaient pour rnigsion de défen- <h'eet tout au contmil'e de l'avoir mutilé. S'ils se gont be1•césun instant, de l'espérance illusoire d'un demi-succès, ils ont, convenons-en, fait p1·euYeù'une naïve ingénuité.
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