LES REVENDICATIONS OUVRIÈRES AU CONGRÉS DE TROYES bS~ acquérir cette science de la Yie, qui donne le tact des situations et le sens 1)l'atique des hommes et des choses. EYidemment. il est un point, sur lequel lrue compétence ne peut être mise en cloute; c'est de pouYoir indique1· ayec précision les côtés douloureux de la misèee prolétarieune. Et c'est tout simple, personne, mieux que le malade, n'étant apte il déc1·ire le mal qu'il ressent. Quant a indiquer le 1·emède à suin-e c'est une tout autre question. Ce serait suppose1· que le malade possède les connaissances techniques du 111éclecinet, dans l'espèce, c'est loin cl'i;.t1·ept·ouYé. - Le congrès de Troyes Ya Yenir lui-111€-meconffrme1· CC'i.teappréciation. Huit articles ont &té adoptés, qui p<>tIYenise subdiYise,·: 1° En résolutions ayant trait. à l'ol'ganisaiion inlfrieu1·(' rlu pai·ti ouwic1· : - Fédération nationalr cles syndicats ounie1•s dC'FrancC' et {é1lé1·ationdes g1·oupes socialistes. - R(,union cl'un cong1·ès inte1·- uatio11al, en 1880, iL Paeis. 2° gn questions d'ol'dt·e politique et social : supp1·es ion de la dette publique. - D1·oit à l'existence et ,h·oit au t1·aYail. - Abolition dt' l'a1·mée pe1·maucnte d c1·éation d'uuC' ar1116enationale sédentaire. 3°En (tttcstions cl'o1·d1·cpu1·eme11téconon1ique: Abolitiou du t1·ayail des enfants. - i~galité rie salai1·c•de l'homme C'Lde la femme. - i,;tablissemcnt d'un salaire minimum. - Rt'<luclion de la jonrnée à huit heures. 4° Enfin, en une 1·ésolutio11qui, à elle seulC', est toute une l'éYolution et qui dispensl'rnit <les'occupet· des autt-es. - Socialisme <les moyens tle p1·o<luction.- Mise cn commun de la tene, de la matière pt·emière et <leroutillagc. On voit que le CongTès n'a pas reculé <leYan(.l"amplitu,le du sujet. Disons cepeudant que toutes ces idées ne sont pas nouye!le ·, pour ;n-oir été, depuis nombre d'années étudiées, discutées et pi-opagées par les diwrses écoles socialistes. S'il y a lieu à critique, cc n'est donc pas sur les principes émis, que doit pol'te1· cette critique; mais sur les Yoies et moyens mis en œun'c pour 011 opé1·e1·la pl'ise en considération. Nous supposons, n>lontiers, que dans l'~sprit des p1·omoteurs du congrès toutes ces 1·éiormes étaient considérées comme ne <leYant être appliquëes que successiYement, et nous comprenons aussi qu'ils aient c1·u bon de les maintenir toutes a l'ordee du jour, pour qu'elles ne fussent pas un instant perdues ,le Yue pai· les intéressés. Par suite de ces restt·ictions, notre tàchc se trouve considérablement simplifiée, pui que notre discussion peut se borner à l'examen des deux réformes, considérées comme immédiatement réalisables : « la réduction de la journée de travail a huit heures et l'établissement d'un salail'e minimum. » 38
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