578 LA REVUE SOCIALI~TI~ CÉSARDE PAEPE Parmi les hommes de valeur <le l'Internationale, l'homme do11tnou" venons rl'écrir<' le nom, est certainement le plui:; remarcp1able. A la fois écrivain et nrateul', thé0l'icien et militant, penseur et vulgarisateur, organisateur et pro - pagandi~te, cle Paepe est au travail et au combat, à l'apostolat socialiste et à la pratir1ue altruiste du bien depuis plus rl'un quart de siècle. Combien grnn<le a êté sa tàche, et combien pe1·sistante sa légitime influence! li a {:té le chef intellectuel de la g,1nération socialiste belge, pendant tonte la brillante décade de 1863 à. 1873, et en même temps il Remanife~tait comme le plus Pmioent théoricien de l'Internationale r1uïl amena au coliectivisme; il est encore le chef intellectuel du parti ouvrier belge, et l'un des maîtr&s les plus écout~•s et les plus sympathiques du socialisme contemporain. Pourtant cc socialiste, dont la gerbe glorieuse est d(•jà. si riche de ~cience, ,l'œuvres et de réalisations, ,!ont les services et les actes <ledévouement social ne se comptent plus, est encore dans la force de l'àge, C'est que ce ,aillant et grand esprit n'attendit même pas d'êtl'e ai-rivé à l'àge des fougues g{•nf•reuses de la jeunesse pour 1·allier le drapeau ,le l'émancipation humaine. Encorn adolescent, il avait df•j:1pl'is place parmi les représentants belges de la pensée affranchie et de la H.épublique socialiste; ,1 dix-sept ans, àge où le coma1Undes homme~ n'est pas ::uTivé à la pensée réfléchie, il était d,;jà. écl'ivain sérieux et orateur plein de prnmesses; déjà les socialistes belges saluaient en lui, avec attendl'issement et orgueil leur plus grande espérance, leUt· attente n'a pas été trompée comme nous allons le voir. I De Paepe na,1uit en 18H, ù Ostende, d'un père polit bourgeois et d'une mè1·e nohle de l'ancienne famille flamande des Yscbraut de Moern; mais cette origine mi-aristocratique n'impliquait pas la fortune, et le jeune César, ~er.ondné d'une famille qui ne ta1·,la pas à de1·eni1· nomb1·e11se,fut élevé très modestement par ~a grand'mèrc, peu fortunfe elle-même. Toutefois, on veilla à son éducation. A l',\ge de douze aus, il fut envoyii au collège des Jésuites à Bruxelles. Il s'y distingua de suite p:i.t·l'indépenùan<'u, la dignitô de caractère dont il fit preuve, en même temps c1uo par sa vive intelligence et pa1·son ardeur au travail. Non content d'être le premier de sa classe, il consacmit ses heures de rér1·éation ,1 l'apprentissage de la typographie chez le dévoué et vaillant socialiste Dési1·ô Bt·ismôe qui était déjà l'imprimeur des libres-penseurs, en attendant de dewmir cclm des internationalistes. Vouloir être à la fois étudiant, apprenti, et agitateur c'était risquer de rester fruit sec; il n'en fut rien pour un esprit de cette trempe. En elfel, si rapide~ avaient été les progrès scolaires àe l'infatigable adolescent, qu'à dix-sep: ans, il entrait à l'Université de Bruxelles où il fit sa philosophie, sous le professorat d'Altmeyer, eu compagnie de ses futurs émules, Hector Denis, aujout·d'hui professeu1· d'économie politique à cette même Université et Guillaume Degreef, le savant et estimé auteur du Traite de Psychologie et de l'In-· traduction à la sociologie. •
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