La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

A DES REVENANTS DU CARTÉSIANISME 565 considérable tles faits démontrant la sensibilité et l'intelligence animales, que nous a apportés et que nous apporte de plus en plus la science -nous ayons relégué,dans le trop subtil domaine de la métaphysique, dans le royaume des chimères, les théories ca1·- tésiennes et colinsieunes. Oui, il y a longtemps que nous ayons clit, contrairement aux colinsiem,, que la sensibilité n'est ni éternelle, ni absolue, mais relatiYe, temporelle, dépendante clesmoilifications de la mat.ière et que nous agissons nécessairement et non librement. « Si chaque sensibilité, disent les colinsiens, est éternelle et absolue, alors il y a absolu diYisible, la matié1·e; et absolu indiYisible, les sensibilités, les immatérialités. « S'il n'y a qu'un absolu immatériel. le c1·éateur, tout ce qui existe, hors de lui,, clépend de lui, et alors adieu la liberté si ce n'est pur mysticisme religieux. « S'il n'y a qu'un absolu, la matière, tout ce qui existe dépend des modifications de la matière; et alors encore aclieu la liberté, si ce n'est pur mysticisme irreligieux. « II faut donc, pour que la liberté, la raison existent, que les sensibilités, n1lgairement appelées àmes, soient immatérielles, -ce qui implique éternelles, c'est-à-dire incréées - et qu'elles soient unies à un organisme pournnt les modifier ou être modifié par elles.(Comprenez-Yous, lecteurs, une chose immatérielle modifiée par une chose matérielle; et Yice yersa. Moi, je ne comprends pas.) Voilà les théories colinsiennes, croyez-vous qu'il faille perdre son temps à les discuter? Ce n'est guère utile, elles ont peu de partisans. Dii·e que la sensibilité est immatél'ielle, éternelle et absolue, lorsque tout le monde sait qu'elle est de nature maté1·ielle, qu'elle est relatirn et qu'elle dépend entièrement de l'organisme, c'est aller assurément au deYant d'une ironie. Ou le bon sens, l'intelligence, la raison et la science ne sont rien, et alors les h~·pothésescartésiennes ont quelq.ues chances d"ètl'e naies; ou nos facultés sont les seules armes qui puissent nous conduire le plus prés de la Yérité, c·est-àdire nous donner des connaissances certaines, et alors les théories cartésiennes sont des rêveries de songe-creux. A1)l'èsaYOirbien décrit l'ensemble des rapports qui rattachent les sciences physiques aux sciences biophysiologiques; après aYoir affirmé l'unité de la nature physique et de la nature physiologique; aprés avoir dit que la science a prouyé que les phénomènes biologiques ne sont pas dus à des lois d'une nature spéciale, différentes de celles qui régissent la matière brute, et que la prétendue force vitale, si longtemps considérée comme étant en opposition ayec les forces physico-chimiques, n'est en définitiYe qu'une modalité des forces

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